Straw Dogs de Rod Lurie

Le 1 mars 2012 par Guilhem dans Drame

Notes

Réalisation
50%


Scénario
57%


Casting
50%


Image
50%


Musique
50%


Technique
50%


Suppléments
60%


Interêt
56%


Total Score
53%

53/ 100

Genre:
 
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Editeur:
 
Date De Sortie:
 
 
Support:
 
Durée: 110 minutes
 
Langues: Anglais, Français
 
Sous-titres: Français
 
Bonus: Bande annonce, Soulever la controverse : le remake d'un classique, La dynamique du pouvoir : la distribution, Les Coulisses du siège : l'ultime confrontation, commentaires audio du réalisateur Rod Lurie
 
Titre original: Straw Dogs
 
Crédit photographique: Sony Pictures Home Entertainment
 

Les Plus:

Les jambes de Kate Bosworth et la Louisiane
 

Les Moins:

Un remake classique et assez peu inspiré
par Guilhem
La critique

Refaire Straw Dogs, l’un des films les plus marquants de la carrière de Sam Peckinpah, était un pari risqué. Emblématique de l’ultra-violence du cinéma des années 1970, avec Orange mécanique de Stanley Kubrick et Délivrance de John Boorman, l’original présentait une théorie assez radicale sur l’être humain, selon laquelle la violence est en nous, mue par nos instincts animaux et qu’elle peut se manifester à tout moment. Le réalisateur Rod Lurie n’était pas d’accord avec cette vision et a ainsi ressenti le besoin de nous présenter un point de vue très différent de celui de Peckinpah. Et donc de refaire Straw Dogs, ce qui a provoqué l’ire des fans du réalisateur…

Un jeune couple vient s’installer à Blackwater, Mississipi. Lui est scénariste pour Hollywood et planche sur le film Stalingrad. Elle est originaire du coin et revient dans la ville qui l’a vue grandir. Dans un cadre champêtre et rustique, ils auront à faire face à hostilité grandissante de certains habitants des lieux.

Ce Straw Dogs a été un échec au box office américain1 et c’est pourquoi il se retrouve directement en DVD chez nous, ce qui est finalement assez logique. Le film en lui-même, sans même avoir en tête l’original, n’est pas très bon. Manquant d’originalité dans son découpage et présentant encore une fois des rednecks comme des semi débiles mentaux, le film de 2012 n’a pas du tout la même portée que la confrontation ruraux/urbains des années 1970. Ce thème est maintenant totalement éculé et on ne compte plus les productions cinématographiques mettant aux prises de gentils urbains contre de vils paysans créationnistes. Si le réalisateur, comme nous le verrons par la suite, présente véritablement un point de vue différent de celui de Peckinpah, force est de constater qu’il n’en a malheureusement pas le talent, loin de nous subjuguer avec cette histoire qui ressemble fort peu à un western.

Avec un budget relativement serré — 25 millions de dollars —, le casting est essentiellement composé de seconds couteaux, acteurs de séries télé ou encore stars en devenir comme Alexander Skarsgård ; là où toute la force du premier était, au-delà de l’idéologie et du message qu’il dégageait, dans la relation entre Dustin Hoffman et Susan George, entre un intellectuel et une fille simple. De même, comme c’est un western contemporain, à la manière d’un Assaut de John Carpenter qui revisitait le thème de Fort Alamo, Straw dog, l’original, avait pour lui le fait de nous présenter le siège d’une maison qui durait presque la moitié du film. Ce qui était un moment d’anthologie, une séquence devenue culte, est ici très rapidement évacué dans le dernier quart d’heure du film.

Ce qui surprend le plus, c’est de constater que le film est quasiment un copié/collé plan par plan de chaque scène de l’original. Rod Lurie voulait manifestement faire un film différent : le passé des personnages est différent, le lieu est différent2, on sent une volonté avortée de présenter une autre vision des choses et de démonter la théorie de l’original.

Faut-il pour autant bouder cette édition DVD que nous propose Sony ? On pourrait le penser au regard des suppléments proposés, certes nombreux mais obéissant plus à une stratégie marketing pour vendre le film qu’à une réelle volonté de fournir des informations pertinentes au spectateur. Outre les traditionnelles bandes-annonces, nous sont proposés plusieurs bonus qu’il est utile de détailler ici :

Soulever la controverse : le remake d’un classique. Dans ce supplément, comme souvent, on nous présente à nouveau l’histoire, quelques mots de chacun des acteurs en nous montrant, comme souvent encore, que tout le monde a été très heureux de travailler ensemble (mais que le tournage a été quelque fois dur). Rien de nouveau sur le soleil. Ce n’est finalement qu’une explication de texte.

La dynamique du pouvoir : la distribution. Ici, la présentation des acteurs. Ce qu’ils ont fait un peu avant, les difficultés de leur rôle et le choix de chacun. Il n’y a malheureusement pas ici grand-chose de bien transcendant.

Les Coulisses du siège : l’ultime confrontation. Filmé en décor extérieur et en studio, nous n’apprendrons finalement également ici pas grand-chose dans la manière de concervoir cette scène finale. Ce qui est bien dommage pour le cinéphile.

Si ces suppléments ne ressemblent finalement qu’à des produits vantant le film, le supplément qui sera le plus intéressant aux yeux du cinéphile est le commentaire audio du film par le réalisateur. Celui-ci explique pourquoi il voulait faire ce film en expliquant la genèse de l’original. En effet, lors de la rédaction du scénario qui est une adaptation de The Siege of Trencher’s Farm, Peckinpah prend connaissance des écrits de l’anthropologue Robert Ardrey, African Genesis et The Territorial Imperative, dont la thèse principale est que les comportements humains sont mûs par des instincts animaux. Ce postulat servira de base au récit du film. Il ne s’agit pas d’un film sur l’auto-défense, mais d’un film sur une réaction instinctive aux attaques des villageois, par un homme qui au départ refuse de recourir à la violence. Ainsi le viol de la femme du professeur n’est pas le motif du déchaînement de violence de celui-ci, puisque durant tout le récit il ne sait pas que son épouse a été violée. Ce que voulait montrer le réalisateur, c’est que le personnage principal, interprété par Dustin Hoffman, est finalement le véritable méchant de l’histoire.

Rod Lurie, pour sa part, n’est pas d’accord avec ce courant, qualifié de sociobiologie. Il pense que c’est l’environnement qui crée la violence. Il ne partage pas la théorie de Adrey, que Peckinpah aurait qualifié de prophète dans Playboy. Son film s’articule autour de la bataille de Stalingrad, véritable morceau de bravoure des russes contre les allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui vient faire écho à la situation que vit le couple.

Si le remake existe donc, c’est par l’abnégation de Lurie et le film peut prendre une autre saveur pour le cinéphile. Malheureusement, le casting et la mise en scène sont beaucoup trop peu originales. Hormis les plans du couple dans leur chambre où on assiste à un véritable travail de photographie, le reste de Straw Dogs manque cruellement de liant et on est très fatigué par une histoire aux rebondissements limités. Les scènes de viol n’ont pas le même impact que le premier (qui avaient fait scandale à l’époque) et on assiste finalement à un simple film de vengeance et de lutte de territoire, comme 90% de la production américaine sur ce thème. Vouloir renverser le propos de Peckinpah, qui était à contre courant, pour en faire un film complètement dans la mouvance et la légende de l’Amérique rend donc finalement ce remake très dispensable.

  1. Tout comme l’original qui est davantage considéré comme un film anglais que comme un film américain. []
  2. puisqu’il se passe aux US []

A propos de l'auteur

Guilhem
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1 commentaire sur cet article



  1. avatar
     
    dagon

    Difficile de se lancer dans le remake d’un film qui n’a rien perdu de sa puissance et qui procure encore aujourdh’ui un malaise qui ne vous lâche pas de sitôt.



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