Mondwest de Michael Crichton

Le 20 mars 2012 par Cédric Le Men dans Science-fiction

Notes

Réalisation
75%


Scénario
70%


Casting
80%


Image
85%


Musique
75%


Technique
80%


Suppléments
0%


Interêt
75%


Total Score
68%

68/ 100

Genre: ,
 
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Editeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Support:
 
Durée: 88 minutes
 
Format: Zone B ; 2.35 1080p 16/9 natif
 
Langues: Anglais, Français 5.1 DTS-HD Master Audio
 
Sous-titres: Français
 
Bonus: Aucun !!!
 
Titre original: Westworld
 
Crédit photographique: MGM
 

Les Plus:

Enfin, la sortie vidéo du film en France, qui bénéficie de plus d'un master HD de très bonne qualité.
 

Les Moins:

L'absence regrettable de bonus, le mixage original (stéréo) absent au profit d'un 5.1 dans véritable intérêt.
par Cédric Le Men
La critique

On connait tous très bien, parfois même sans vraiment le savoir, le travail de Michael Crichton. Écrivain de renom, nombre de ses livres ont été portés à l’écran : Soleil Levant, Sphère, Le 13e Guerrier et, bien sûr, la série Jurassic Park initiée par Steven Spielberg. On connait moins le réalisateur, malgré sept longs-métrages au total, dont un téléfilm, parmi lesquels quelques succès comme La Grande attaque du train d’or ou Mondwest, qui sort le 3 avril 2012 en DVD et Blu-ray pour la première fois en France, dans une édition qui plus est remastérisée.

En 1983, la distraction à la mode est fournie par Delos, un parc d’attraction pour adultes plus vrai que nature qui propose trois ambiances : la rome antique, le moyen-âge ou l’ouest sauvage. Dans chacune de ces ambiances, les hôtes sont libres d’incarner qui ils rêvent d’être. Tantôt César, tantôt Chevalier, tantôt Sheriff, ils peuvent tuer, séduire, aimer à leur guise, puisque si tout est bien réel, ces mondes sont peuplés de robots plus vrai que nature, voués à les servir. Un monde parfait, sous contrôle de techniciens et autres ingénieurs, dans lequel tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou presque.

La première chose à faire, c’est remercier Aventi pour ces éditions DVD et Blu-Ray attendues d’un film qui, s’il a pris un sérieux coup de vieux en presque quarante années d’existence, n’en reste pas moins un classique du genre. Michael Crichton met en scène un Yul Brynner dans l’un de ses derniers rôles — il ne fera que trois films après Mondwest, dont Les Rescapés du futur, sa suite, qui sera d’ailleurs son dernier film —, qui reprend et parodie quelque peu son personnage de Chris Adams dans Les Sept mercenaires et Le Retour des sept en 1960 et 1966. Il campe ici un robot cow-boy qui, le premier, adopte un comportement singulier. Alors que Peter et John viennent passer leurs vacances à jouer les pistoleros, ils se confrontent une première fois au gunslinger mécanique. Puis, une deuxième fois, quelques jours plus tard, quand le robot s’infiltre dans la chambre de John et le menace. Enfin, une ultime fois, avec des conséquences autrement plus dramatiques.

Ce qui fait l’originalité de ce film, c’est avant tout la clairvoyance avec laquelle il propose, presque avant tout le monde — Kubrick l’avait fait avant lui, entre autres, bien que très différemment —, des thématiques qui seront reprises de nombreuses fois ensuite, notamment dans le Terminator de Big Jim Cameron pour son personnage, ou dans Jurassic Park — coincidence ? — pour son parc d’attraction plus vrai que nature virant à la catastrophe. Difficile de ne pas voir une ressemblance entre le personnage de Yul Brynner et celui d’Arnold Schwarzenegger : même impassibilité, même détermination, même application. La seule véritable différence réside pour le coup dans les intentions des personnages. Si le T-800 était programmé pour assassiner John Connor, on ne connait rien des raisons qui poussent le robot cow-boy à s’en prendre à nos deux sympathiques vacanciers. Michael Crichton reste flou à ce sujet : tout ce qu’on sait, c’est que les robots échappent au contrôle de leurs superviseurs, sans que l’on ne parvienne à savoir s’il s’agit d’un simple bug dans la matrice ou d’une prise de conscience robotique collective.

C’est donc avec grand plaisir qu’on retrouve ce classique de la science-fiction d’anticipation — du moins, tel qu’on envisageait le futur en 1973 : la réalité s’est avérée toute autre et même si nous nous approchons quelque peu de ces réalités virtuelles au détour de certains jeux vidéos sociaux, les conséquences sont largement moins létales, n’en déplaise aux détracteurs réguliers du phénomène — qui nous parvient enfin en vidéo dans une version haute définition, remastérisée pour l’occasion, qui fait son impression en proposant une image particulièrement claire et soignée, dans un transfert en 1080p qui fait la part belle au couleurs du film. Le design fantasmé de ces univers très stéréotypés — alors qu’elles sont prétendument authentiques, les différentes périodes sont présentées aux hôtes, et au spectateur par la même occasion, de façon extrêmement romanesque, dans la plus pure tradition du cinéma hollywoodien —, débordant de couleurs criardes, méritait bien une telle précision dans l’image pour rendre compte de tout l’absurde de ce parc d’attraction grandeur nature.

Côté son, on regrettera de n’avoir à disposition qu’un master HD en 5.1, le film n’ayant bien entendu pas été conçu en son surround, mais en stéréo simple. Malgré un remixage en 5.1 de très bonne facture, il eut été apprécié de pouvoir apprécier le film dans les conditions d’époque. D’autant que le mixage 5.1 n’est pas particulièrement impressionnant, la simplicité des effets spéciaux et de la mise en scène ne se prêtant pas plus que ça à un sound design dément, comme on en a désormais l’habitude. Il permet toutefois la mise en avant du score particulièrement étonnant de Fred Karlin, qui propose un mélange de musique western et de musique synthétique. Autre point faible de cette édition, et de taille cette fois-ci : l’absence radicale de suppléments. On n’en saura donc pas plus sur ce film qui aurait mérité quelques featurettes, un making of

C’est donc un véritable plaisir de retrouver ce film sans prétention, que tout amateur de science-fiction se doit de voir, ne serait-ce que pour le charme de sa désuétude. Le regretté Michael Crichton accouche l’air de rien d’un classique, un des fondements du genre, repris maintes et maintes fois jusque récemment — Matrix, pour ne citer que lui, traite d’une thématique similaire, bien qu’abordée différemment. Mondwest, malgré les années — d’aucuns diront sans doute et probablement à raison : « grâce aux années » —, reste un film qui, très court, se regarde comme on savoure une gourmandise.


A propos de l'auteur

Cédric Le Men
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Issu d’une famille de musiciens, Cédric fonde en 1995 le groupe Zahori, avec lequel il se produit pendant près de 10 ans, avant de se spécialiser dans la réalisation cinématographique à l’ESRA. Il y réalise les courts-métrages "Kaeron" et "Lacrimosa", dont il compose aussi en partie les musiques originales. Plus récemment, Cédric réalise le court métrage "Dieu reconnaîtra les Siens".

2 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

    on s’en fout des bonus ! même sans ça le film mérite 100% !!!

    (je sais, c’est une critique de dvd, pas que du film)


  2. avatar
     
    Guilhem

    Vu que lors de ses différents passages télé, on sentait que le film avait pas mal vieilli, pour le coup, l’avoir en BR, ça s’avère indispensable. De toute façon, c’est un classique. Ca se critique plus. Ca se regarde. Et ça se collectionne.



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