Tous Cobayes ? de Jean-Paul Jaud

Le 28 septembre 2012 par Cédric Le Men dans Documentaire

Notes

Réalisation
80%


Casting
85%


Scénario
80%


Photo
70%


Musique
75%


Intérêt
90%


Total Score
80%

80/ 100

Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , ,
 
Avec Les Voix De:
 
Scénario: ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 115 minutes
 
Crédit photographique: J+B Séquences Distribution
 

Les Plus:

Un film fort, comme on en a besoin.
 

Les Moins:

Des défauts nécessaires.
par Cédric Le Men
La critique

Pour les plus simplistes, Jean-Paul Jaud est un écologiste. Pour d’autres, c’est un réalisateur engagé. Mais, malgré deux longs métrages incroyablement forts et remarqués à juste titre, Nos enfants nous accuseront et Severn, la voix de nos enfants, respectivement en 2008 en 2009, peu sont ceux qui parlent de Jean-Paul Jaud comme d’un humaniste responsable, qui se démène depuis maintenant de nombreuses années afin de l’on écoute enfin la voix du peuple. Tous Cobayes ? ne déroge pas à cette règle de vie et s’offre au public comme un cri de désespoir, au delà de l’interrogation figurant dans son titre.

Gilles-Éric Séralini est professeur de biologie moléculaire et chercheur à l’Université de Caen. En 2009, il entre en contact avec Jean-Paul Jaud et lui confie son secret : une expérience qu’il mène sur des rats, sur les effets à long terme sur la santé des OGM agricoles et des pesticides. Son postulat de départ : toutes les études, menées par des instituts privés — et donc financées par les semenciers, s’agissant d’une procédure obligatoire — se sont étalées sur trois mois seulement ce qui, même pour un rat, est une période très courte — la durée de vie d’un rat allant jusqu’à trois ans environ. Sans grande surprise, il ne tardera pas à se rendre compte que l’effet des OGM et pesticides se fera sentir juste après les trois mois réglementaires, et de façon ô combien spectaculaire.

Jean-Paul Jaud réalise avec Tous Cobayes ? un film qui se veut clairement partial mais qui a au moins le mérite de ne pas perdre son temps à essayer de ménager la chèvre et le chou et qui, chose peu courante dans une société tellement adepte de consensualité, a le courage d’aller mettre un grand coup de pied dans la fourmilière. Car le réalisateur ne s’arrête évidemment pas aux OGM et démontre les nombreux liens qui existent entre OGM et Nucléaire, notamment par la relation que ces deux technologies entretiennent avec le public et les conséquences désastreuses qu’elles entraînent sans que le public ne soit jamais consulté sur leur utilisation.

Bien sûr, on pourra adresser au film de Jean-Paul Jaud un certain nombre de reproches. Le réalisateur sous-entend par le biais des différents intervenants du film que la recherche privée valide des expériences qui sont clairement falsifiées — ou du moins inexactes et trop peu précises et renseignées — au profit d’une rentabilité sans jamais livrer de chiffres. Mais comme il le dit lui même (voir notre interview à ce sujet), sa principale préoccupation n’est pas l’argent, mais la santé, et plus précisément la santé publique. Et s’il a toujours proposé aux organismes qu’il critique ouvertement de venir se défendre, ils n’ont jamais répondu à l’appel. On se demande bien pourquoi !

Techniquement, le film ne soufre d’aucun défaut particulier, si ce n’est que le nombre d’intervenants peu parfois dérouter. Mais l’important n’est pas là, et seul le propos importe. Un propos dont la force est accentuée par des moments particulièrement saisissants. Les alentours de Fukushima et leurs taux hallucinants de radiations, pourtant minimisées par les différents membres du gouvernement ; le témoignage de dockers, que les poussières de semences OGM intoxiquent littéralement. Et la musique, toujours présente, lors de moments véritablement poignants : quand le chant de musiciens africains se mêle à la puissance de percussions traditionnelles japonaises, la chair de poule n’est pas loin…

On reprochera sans doute aussi à Jean-Paul Jaud de vouloir faire peur au public de son film, là où d’aucuns prétendent qu’il faudrait plutôt l’éduquer. À cela, répondons que l’heure de la patience est révolue et que la situation environnementale actuelle nécessite sans aucun doute une réaction plus adéquate, fondamentalement violente et non consensuelle. Beaucoup trop de films « trop gentils » ont vu le jour, sans que l’opinion publique n’avance d’un iota, ou presque. Espérons que le coup de pied de Jean-Paul Jaud ne se transformera pas en coup d’épée dans l’eau et qu’il saura notamment atteindre le postérieur des instances qui, elles-aussi, doivent contribuer à ce changement inévitable.


A propos de l'auteur

Cédric Le Men
Avatar de Cédric Le Men

Issu d’une famille de musiciens, Cédric fonde en 1995 le groupe Zahori, avec lequel il se produit pendant près de 10 ans, avant de se spécialiser dans la réalisation cinématographique à l’ESRA. Il y réalise les courts-métrages "Kaeron" et "Lacrimosa", dont il compose aussi en partie les musiques originales. Plus récemment, Cédric réalise le court métrage "Dieu reconnaîtra les Siens".

aucun commentaire sur cet article pour le moment.




Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. L'inscription est gratuite.

La selection des actu
  • Tha Blue Herb Stilling, Still Dreaming pochette
  • phox
  • Sans titre
  • Trognes court metrage
  • Les Cartes du Pouvoir
  • Luther Vandross Never Too Much cover
  • Pride film still
  • ballae entre les tombes liam neeson
  • aqme nouvel album 2014 Couverture
  • lucy Scarlett Johansson Luc Besson Photo Dehors Couverture