PIFFF 2012 : Crave de Charles De Lauzirika

Le 21 novembre 2012 par Cédric Le Men dans Comédie

Notes

Réalisation
75%


Casting
70%


Scénario
65%


Photo
75%


Musique
70%


Intérêt
60%


Total Score
69%

69/ 100

Genre: , , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 113 minutes
 

Les Plus:

Un film drôle et bien foutu...
 

Les Moins:

Mais qui ne parvient pas vraiment à retenir l'attention
par Cédric Le Men
La critique

Sixième film à rejoindre la sélection en compétition du Paris International Fantastic Film Festival — ou PIFFF pour les intimes —, un autre premier long métrage, Crave, par un réalisateur qui n’en est toutefois pas à son coup d’essai dans « la profession » : Charles De Lauzirika. Réalisateur de making of et de documentaires cinématographiques sur de nombreux films, notamment pour Ridley Scott Blade RunnerThelma et Louise, Alien ou Prometheus —, il passe cette fois-ci à la fiction et livre un film sur le rapport à l’imaginaire.

Aiden est un photographe pas comme les autres : il photographie les scènes de crime. Son unique et, par conséquent, meilleur ami est un vieux flic philosophe qui ne cesse de lui conseiller d’agir plutôt que de rêver sa vie. Car Aiden est un personnage pour le moins singulier, qui passe le plus clair de son temps à s’imaginer dans des situations toutes aussi héroïques et glorieuses que ridicules et improbables. Quand la jeune et belle Virginia fait irruption dans sa vie, le rêve n’est pas loin de côtoyer la réalité, du moins selon ses propres critères : car si la jeune femme semble séduite dans un premier temps, les manières plutôt grossières, voire insultantes, d’Aiden ne tarderont pas à la repousser.

Difficile de se faire une véritable opinion de ce film, qui est un peu un OVNI dans cette sélection du PIFFF. Sans véritable lien avec le fantastique, il ne s’illustre que par quelques plans gores — assez bien foutus dans l’ensemble, d’ailleurs —, qui prennent le spectateur à contre-pied dans un film qui n’est, finalement, qu’une comédie sentimentale sombre, originale et quelque peu désespérée. Parfaitement dirigé par Charles De Lauzirika, servi par un casting plutôt solide, avec une mention spéciale à Ron Perlman pour son rôle de vieux flic baroudeur, dans un Detroit magnifiquement mis en lumière par un William Eubank inspiré, le film ne parvient pourtant pas à retenir l’attention.

Le problème majeur de cette production ne tient pas tant dans son propos — l’histoire d’un homme qui rêve, voire même qui délire, sa propre vie — que dans la façon dont le réalisateur et scénariste choisit de le représenter à l’écran. Si le premier délire d’Aiden, durant lequel il sauve une belle jeune femme, importunée par des petites frappes dans le métro, qui va le remercier en lui faisant une petite gâterie, surprend, tel n’est pas le cas de la plupart des autres rêveries, que le spectateur identifie finalement trop facilement et auquel il s’attend. Par conséquent, bien que l’on rie beaucoup de l’absurdité — et même de la grandiloquence — des situations que le jeune homme s’invente, on passe à côté de la raison d’être du film, qui n’effleure que très superficiellement la question de l’opposition entre imaginaire et réel.

Un constat d’autant plus regrettable que le sujet est intéressant et rarement évoqué par le truchement de la comédie. Trop souvent, dès lors que l’on parle d’imaginaire, les réalisateurs se sentent obligés d’en faire des caisses et de verser dans un délire psycho-hystérique qui a tôt fait d’agacer le spectateur. Ici, la forme choisie est définitivement juste : qui ne s’est jamais imaginé en train de séduire un top modèle ou un acteur d’un simple clin d’œil ; qui n’a pas sauvé le monde au moins une fois dans sa vie — ou, au pire, une belle en détresse — ; qui n’a pas eu envie de coller une grande beigne à une personne impolie ? Mais, surtout, qui ne trouverait pas ces délires narcissiques parfaitement risibles ? Ces représentations héroïques, qui font globalement partie de l’imaginaire enfantin — besoin de puissance, de réconfort —, subsistent indéniablement chez l’adulte, à des degrés divers.

Charles De Lauzirika accouche donc avec Crave d’une comédie dramatique qui reste fort agréable à regarder et devant laquelle on n’a pas véritablement le temps de s’ennuyer, mais qui passe à un cheveu du chef d’œuvre en oubliant de donner davantage de consistance à un sujet intelligent mais finalement gâché par la trop grande prévisibilité de son traitement. Aussi étrange que cela puisse paraître, à trop rigoler, on oublie que le personnage principal est quelqu’un de fondamentalement égoïste — sinon égotiste, ce que l’utilisation permanente de la voix off traduit parfaitement —, lâche, désespéré et, en définitive, assez odieux. Dommage…


A propos de l'auteur

Cédric Le Men
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Issu d’une famille de musiciens, Cédric fonde en 1995 le groupe Zahori, avec lequel il se produit pendant près de 10 ans, avant de se spécialiser dans la réalisation cinématographique à l’ESRA. Il y réalise les courts-métrages "Kaeron" et "Lacrimosa", dont il compose aussi en partie les musiques originales. Plus récemment, Cédric réalise le court métrage "Dieu reconnaîtra les Siens".

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