Le groupe de Nicola Sirkis s’est produit deux soirs de suite au zénith de Paris, deux concerts complets durant lesquels Indochine a joué l’intégralité de son album Paradize, sorti il y a 10 ans et qui avait signé la renaissance du groupe. Cet opus ressort le 13 février prochain dans une version remastérisée et agrémentée de nombreux bonus. L’occasion pour Indochine de fêter ça avec deux shows exceptionnels. Ça Dépend Des Jours était présent les deux soirs.

Le 17 décembre dernier, à 10h, 12.000 places à 35€ sont mises en vente sur Internet pour deux concerts d’Indochine. À peine 10 minutes plus tard, elles sont toutes vendues… De l’aveu même du chanteur Nicola Sirkis : « Initialement, on ne voulait faire qu’un Zénith. Je ne pensais pas que les places se vendraient autant et, surtout, aussi vite. […] Pourtant, ces deux concerts surviennent au milieu de nulle part. Cela fait un an qu’on est en écriture du nouvel album. Et notre prochaine tournée débutera en 2013. […] Tous les jours, je me dis que donner ces deux concerts était peut-être une mauvaise idée… » Naïveté ou fausse modestie de la part du leader ? ((Notons aussi que le groupe a ajouté 50 places à 35€ le second soir en vente aux guichets dès 15 heures…)) Rappelons que le groupe, aux 30 ans de carrière, avait rempli le Stade de France en juin 2010, avec quelques 80.000 billets vendus. Depuis 2002, l’album Paradize, propulsé grâce au single J’ai demandé à la lune, a permis au groupe de renaître et de retrouver un succès mérité. Indochine n’a depuis jamais cessé de remplir et d’enchaîner les zéniths et diverses salles des différentes tournées qui ont suivi ce disque : Paradize (2002), Alice & June (2005) et enfin La République des Météors (2009).

C’est donc un an après une courte tournée pour la promo de leur CD/DVD/Blu-Ray Putain de Stade qu’on retrouve Indochine en live. Les fans sont présents au Parc de la Villette depuis des lustres — certains ont campé sur place —, on lit sur des pancartes Fans gelés mais motivés ! Comme d’habitude plusieurs générations sont présentes et peu après l’ouverture des portes c’est la cohue pour rentrer dans le Zénith. À 19h30, la DJ Emilie Mazoyer lance une playlist du haut d’un balcon sur le côté du Zénith de plusieurs tubes de l’année 2002, comme Special K, de Placebo ou Punker d’Indochine, forcément. Ils sont entrecoupés par des flash d’informations de l’époque, rappelant notamment le passage à l’euro, la mort du leader de The Clash, Joe Strummer, ou encore la Victoire de la musique décernée à Indochine pour Paradize.

Enfin, une bonne heure après, le groupe apparaît derrière un rideau blanc (comme pour le Alice & June Tour) en entamant le premier morceau de l’album éponyme : Paradize ; un titre qui n’avait pas été joué depuis la tournée de l’époque ! La formation scénique est quasiment la même depuis une dizaine d’année : Nicola Sirkis au chant et à la guitare (au centre), François Matuszenski aux synthés (Mr Matu, sur la gauche), Olivier Gérard à la guitare (Oli de Sat, à gauche également), François Soulier à la batterie (Mr Shoes, au centre, au fond), Boris Jardel à la guitare (sur la droite) et enfin Marc Eliard à la basse (Mr Marco, sur la droite, derrière Boris). Le décor est soft : la fameuse croix de l’album Paradize, devenu emblème du groupe, en hauteur derrière celui-ci mais le jeu de lumière est magnifique. Suivent quatre morceaux très énergiques, Like a Monster (plus joué non plus depuis une petite dizaine d’années) pendant lequel des millions de confettis sont propulsés dans toute la salle et trois singles : Electrastar, Marilyn et Punker, morceaux entendus quasiment à chaque concert.

Des titres plus mélancoliques vont alors s’enchaîner : Le Manoir, Comateen, J’ai demandé à la lune, Le Grand Secret (sans Melissa auf der Maur, absente car elle a eu une petite fille il y a quelques semaines), Dark et La Nuit des Fées. C’est une fois de plus l’occasion pour de nombreux fans de découvrir en live des morceaux qui n’avaient pas été joués depuis des lustres, notamment Comateen, Dark et La nuit des Fées. L’émotion se fait sentir. Le groupe reprend ensuite deux titres très rock : Dunkerque et Mao Boy ! Indochine s’éclipse après ce morceau pour revenir lors d’un premier rappel durant lequel ils joueront la b-side Le Doigt sur ton étoile (très rarement entendu en live !) et la très prenante Popstitute, avant de repartir dans les coulisses à nouveau.

C’est ensuite le riff d’un vieux single que le public entend : Kissing My Song, titre issu de l’album Wax (1996), une autre très belle surprise pour les fans, pendant lequel d’énormes ballons roses et noirs seront lâchés sur le public, qui sera suivi d’un morceau de La République des Météors : Little Dolls (Le Lac le second soir), puis d’un événement de taille : une chanson inédite qui devrait figurer sur le prochain album du groupe ! Le twitter d’Indochine diffusant en direct les photos et set-list des concerts, on découvre donc le titre (provisoire ?) de ce nouveau morceau quelque peu narcissique : Kill Nicola.

Pour terminer leur set, Indochine joue deux singles extrêmement entraînants : Alice & June et le mythique Trois Nuits par Semaine, durant lequel Nicola Sirkis se risquera à aller dans les gradins, très peu de temps le premier soir, beaucoup plus le second, traversant même la moitié du zénith dans ces conditions ! Ils achèvent leur show avec une autre b-side, instrumentale cette fois, et quasiment jamais jouée : Glory Hole. Deux heures après un début de spectacle parfait, le groupe salue son fidèle public après ce morceau endiablé.

Nicola Sirkis revient seul pour jouer l’ultime chanson, écrite par Jean-Louis Murat, qui cloturait l’album Paradize : Un Singe en Hiver (morceau enregistré et dont Indochine a publié sur son site officiel samedi dernier un petit clip composé d’images des concerts, un petit cadeau en attendant l’album Paradize + 10). Le deuxième soir, le public fait plus de bruit et est plus en forme que la veille, si bien que le groupe revient pour jouer Miss Paramount, ainsi que la nouvelle version de leur single Pink Water.

Indochine a offert deux shows de très grande qualité à ses fans. Le second soir le chanteur s’est emmêlé plusieurs fois les pinceaux dans les paroles de quelques morceaux mais peu importe, le groupe a su improviser et accompagner parfaitement son leader. Contrairement aux idées reçues, la voix est juste et, quel que soit l’endroit où l’on est placé, que l’on adore le groupe ou qu’on l’aime juste un peu, un live d’Indochine ne laisse pas indifférent, jamais.

Pour reprendre les citations de Nicola Sirkis, maintenant que les concerts sont passés, on ne peut être qu’unanimement d’accord avec lui : « Malgré tout, c’est bien pour le groupe que l’on puisse se retrouver en live. Car, pendant la confection d’un disque, on s’éparpille. Retrouver la scène sera une belle respiration et peut-être même que nous allons jouer un nouveau morceau, qui sait ? Ces deux concerts sont importants car ils vont nous permettre de sortir de la routine. Je ne pensais pas que cela atteindrait un tel niveau d’enthousiasme. »