La Taupe de Tomas Alfredson

Le 31 janvier 2012 par Thomas Suinot dans Espionnage

Notes

Réalisation
75%


Casting
80%


Scénario
65%


Photo
70%


Musique
70%


Intérêt
70%


Total Score
72%

72/ 100

Genre: ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays: , ,
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 127 minutes
 
Titre original: Tinker, Tailor, Soldier, Spy
 
Crédit photographique: Studio Canal
 

Les Plus:

Acteurs talentueux, ambiance réaliste.
 

Les Moins:

Intrigue complexe, quelques longueurs.
par Thomas Suinot
La critique

Tiré d’un roman de John Le Carré1, La Taupe est un polar complexe au casting cinq étoiles. Film lent et long, il est réalisé avec brio. La tension est palpable du début à la fin. À voir et à revoir, pour mieux saisir les enjeux de cette grande partie d’échecs, extrêmement réaliste. Passionnant.

En 1973, en pleine guerre froide, suite à une mission en Hongrie, le patron du MI6, les services secrets britanniques, se retrouve sur la touche avec son lieutenant Georges Smiley (Gary Oldman). Ce dernier est engagé à nouveau par son gouvernement pour démasquer une éventuelle taupe soviétique. Épaulé par la jeune recrue Peter Guillam (Benedict Cumberbatch), Smiley tente de débusquer l’agent double. Parallèlement, Ricki Tarr (Tom Hardy), un collègue actif sur le terrain, en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’Irina (Svetlana Khodchenkova), une femme mariée prétendant posséder des informations cruciales.

Peu de temps après, l’ancien chef de Smiley a réduit la liste des suspects à cinq personnes : l’ambitieux Percy Alleline (Toby Jones), le charmeur Bill Haydon (Colin Firth), le loyal Roy Bland (Ciarán Hinds), le zélé Toby Esterhase (David Dencik) et… Smiley lui-même. Dans un climat de suspicion, manipulation et chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux…

Déjà adapté en série en 1979 avec Alec « Oncle Ben Kenobi » Guiness, sous le titre original Tinker, Tailor, Soldier, Spy, on pouvait craindre, avec le passage au cinéma de La Taupe dans un format beaucoup plus court et donc beaucoup moins dense, un film un peu fourre-tout et raté, mais il n’en est rien.

Certes, le long-métrage du réalisateur de Morse est compliqué, difficile de ne pas s’y perdre dans tous ces personnages — une bonne douzaine d’agents et/ou fonctionnaires du gouvernement —, dans ces différentes intrigues et retournements de situation, mais c’est un réel plaisir d’y être convié. L’époque est parfaitement reconstituée, aussi bien au niveau des décors que des costumes, mais surtout, et heureusement, au niveau politique. Climat tendu, tous les acteurs se démarquent par cette paranoïa constante, chacun gardant son sang-froid comme il le peut, jusqu’à cette scène finale formidablement mise en scène dont chaque seconde nous colle à l’écran.

C’est aussi l’occasion de voir l’envers du décor des services secrets britanniques lors de la Guerre Froide. Missions, bureaux, infiltrations, agents… : comment fonctionnaient-ils ? Et, également, une invitation à lire le support original, le polar de John Le Carré, maître dans ce domaine, qui utilisa le personnage de George Smiley dans plusieurs de ses romans2La Taupe est donc un très bon film, riche à tout point de vue, qu’il faudra voir plusieurs fois afin d’en saisir toutes les ficelles et de les apprécier d’autant plus. D’un style connu mais rarement aussi bien soigné, il vaut le détour. Une suite, Smiley’s People, serait d’ailleurs en chantier…

  1. Auteur dont les livres sont souvent adaptés au cinéma comme The Constant Gardener, Le Tailleur de Panama ou bien encore L’Espion qui venait du froid. Dans La Taupe, en plus d’être l’un des producteur, il faut également une petite apparition. []
  2. Et pour la petite histoire, John Le Carré fut agent secret dans les années cinquante, ce qui donne évidemment du crédit au film. []

A propos de l'auteur

Thomas Suinot
Photo du profil de Thomas Suinot

Ancien journaliste de presse écrite puis en vadrouille dans les studios d'RTL, toujours un peu dans les médias et bien sûr chroniqueur pour CDDJ !

3 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

    est ce que la taupe a besoin d’un chien d’aveugle pour se déplacer ?


  2. Photo du profil de Siclones
     

    J’avais déjà lu le livre, je viens de voir le film et je ne sais pas trop si j’aurais pu saisir tout ce qu’il se passait sans avoir encore en tête les grandes lignes de l’intrigue. Je pense que plus d’un vont être paumés au milieu de personnages dont l’un des premiers talents est d’effacer les signes distinctifs et de flashbacks visuellement indifférenciés de l’enquête de Smiley … sachant que si on est largué, la seule chose à laquelle se raccrocher c’est un épisode de Derrick servis par un casting 5 étoiles. Mais quand ça passe, on voit rarement une enquête aussi passionnante que cohérente que celle-ci au cinéma …


  3. avatar
     
    JB

    Un film brillant ! La photo est fantastique et rend l’ambiance très immersive dans le Londres de années 40. Et c’est sans parler des acteurs, 100 % british, qui sont tous formidables.

    Voilà qui m’a donné envie de redécouvrir les romans de Le Carré !



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