Après le demi-succès (ou demi-échec) de Lord of War ((Tout comme d’ailleurs celui de Simone, son film précédent.)), il était salutaire pour Andrew Niccol de revenir à ses premiers amours, le film d’anticipation. Le réalisateur du culte Bienvenue à Gattaca revient donc en 2011 avec Time Out, un nouveau film de Science-fiction permettant de porter un œil critique sur notre société actuelle, avec une nouvelle génération de jeunes acteurs (Justin Timberlake, Amanda Seyfried, Cillian Murphy, Alex Pettyfer et Olivia Wilde) après les Jude Law, Ethan Hawke et Uma Thurman de son tout premier film.

Dans un futur proche, le gène de la vieillesse a été supprimé et le temps est devenu une valeur marchande. Si les gens ne vieillissent plus après 25 ans, ils doivent gagner du temps pour rester en vie à partir de cet âge. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d’années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d’échapper à la mort.

Will Salas (Justin Timberlake) fait partie de cette catégorie. Mais il n’accepte pas sa condition. La rencontre fortuite avec un de ces « riches » lui permettra de bouleverser le système, en kidnappant la fille d’un immortel, Sylvia Weis (Amanda Seyfried). Cette dernière va devenir son alliée et à partir de ce moment là, chaque minute va compter…

Time Out ressemble furieusement à Bienvenue à Gattaca, tant au niveau de l’histoire (au-delà même du genre, c’est-à-dire l’anticipation) que formellement. En effet, certains codes du premier film de Niccol se retrouvent présent ici : un personnage principal qui refuse son destin, un flic qui accepte l’ordre établi, une fille bien établie dans cette société futuriste et qui va peu à peu s’en détacher, la mer comme élément déclencheur de ce changement (en rapprochant les deux personnages principaux), une photographie et des décors composés de tons verts et jaune et, pour finir , des voitures aux allures futuristes retravaillées à partir d’anciens modèles. Il n’y a donc pas de doute, Niccol a rebâti son film sur les modèles du précédent même si, au niveau du scénario, il présente des similitudes avec Repent Harlequin, une nouvelle d’Harlan Ellison ((Ce dernier a d’ailleurs accusé Andrew Niccol de plagiat, en septembre 2011)).

 

Mais hors de ces considérations, Time Out offre de jolies qualités pour un blockbuster. En effet, avec une jolie galerie de personnages secondaires comme les MinuteMen, une bande de malfrats dirigée par Alex Pettyfer et les Gardiens du Temps (TimeKeeper), symbolisé par le personnage de Cillian Murphy, le film de Niccol parvient à garder un rythme soutenu, malgré une histoire finalement classique entre les riches et les pauvres. On insiste ainsi beaucoup sur le nouvel étalon de valeur qui régit les rapports humains et c’est évidemment une critique de la société capitaliste qui est ici mise en avant. Les amateurs de film de genre ne pourront que difficilement s’empêcher de faire le parallèle avec Le Territoire des morts, quatrième volet de la Saga des Zombies de Romero, tant le monde de ce dernier et celui de Nicoll ont des similitudes sur le fond.

Sur le fond uniquement puisque le souci d’esthétisation est omniprésent dans Time Out. Les décors, les immeubles, les voitures, les costumes : tout est ici très travaillé pour donner une touche glamour. Un univers qui est par ailleurs bien matérialisé par le personnage d’Amanda Seyfried, l’une des nouvelles coqueluches d’Hollywood après ses rôles dans Cher John ou Le Chaperon Rouge. Elle passe le plus clair de son temps à courir avec des chaussures à talons (trop) hauts, défiant presque les lois de la gravité.

Le seul souci de Time Out est qu’il se révèle finalement assez inoffensif. Comme tout blockbuster, on reste un peu sur notre faim au niveau du fond. Mais il s’inscrit dans la vague des films d’anticipation chère aux années 80 comme Running Man ou Robocop en pointant du doigt, à travers une histoire simple, les problèmes d’une société contemporaine. Et c’est peut-être tout ce qu’on lui demande.