Rentrée oblige, de nombreuses séries font leur apparition. Petit zoom sur trois d’entre elles.

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C’était peut-être LA plus attendue. Vendue comme un nouveau Lost (tout comme l’ont été FlashForward et The Event, résultat : une saison seulement, faute d’audience), cette série, produite par Steven Spielberg, narre le voyage dans le passé de la famille Shannon, un couple et trois enfants. En effet, en 2149 la vie sur Terre est menacée d’extinction, certains habitants retournent donc 85 millions d’années en arrière, via une porte spatio-temporelle (comme dans Stargate), sur Terra Nova, afin de recréer une civilisation…

Inévitablement avec une histoire pareille, science-fiction oblige, on a l’impression d’être face à un mélange de Jurassic Park et d’Avatar. La série souffre en premier lieu de la médiocre qualité de ses effets spéciaux : les dinosaures sont numérisés. On voit tout de suite qu’il s’agit d’images conçues sur ordinateur et donc peu crédibles. Autres points faibles : un casting inégal, une mise en scène quelconque, une histoire jusqu’ici très prévisible, un manque de rythme flagrant, un côté trop « grand public ».

Malgré ses nombreux défauts, on a tout de même envie de découvrir la suite de Terra Nova.  Qui sont réellement les Sixies ? Quelle est la « réelle » menace au sein de Terra Nova ? Malheureusement, on a quasiment déjà ces réponses, on espère se tromper tout de même et avoir quelques twists ingénieux et un arc narratif plus complet car pour l’instant, l’ensemble demeure très ennuyeux…

13 épisodes sont prévus pour la première saison.

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Dans un registre totalement différent, cette série met en scène un agent de la CIA, Reese, (Jim Caviezel), présumé mort, qui est engagé par un mystérieux milliardaire, Finch, (Michael Emerson) inventeur d’une machine (comprenez : des programmes sur ordinateur) capable de prédire et d’identifier, via leur numéro de sécurité sociale (!) ,des personnes ayant un liant avec futur crime (victime ou coupable, ils ne le savent pas). Une invention conçue après les attentats du 11 septembre et basée sur des millions de surveillances de mails, téléphones, caméras de surveillances…

Jonathan Nolan, le frère du célèbre réalisateur Christopher Nolan, dont il a co-scénarisé la plupart des films, est le créateur de cette série, épaulé par J.J. Abrams dans la production. Un duo prometteur donc. Autre duo intéressant, celui des acteurs principaux : Jim Caviezel, principalement connu pour son rôle de Jésus dans La Passion du Christ et dans la série-remake de Le Prisonnier, en 2009 ; et Michael Emerson, mémorable Benjamin Linus dans Lost, dont il reprend d’ailleurs un character très similaire. Deux acteurs charismatiques, mystérieux, qui s’unissent dans ce New-York paranoïaque post-2001.

Rappelant quelque peu Ennemi d’État (de Tony Scott), Person of Interest séduit mais laisse un goût amer : espérons que chaque épisode ne soit pas centré sur « une enquête » (l’evitation d’une mort), et une toile de fond dévoilée peu à peu (le passé des deux protagonistes, la création de la machine…) mais c’est malheureusement bien parti pour être le cas…

13 épisodes sont prévus pour la première saison.

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Plus ancrée dans la réalité et considérée comme LA meilleure série de cette rentrée, Homeland joue aussi la carte de la paranoïa : un ancien soldat américain, Nicholas Brody, (Damian Lewis) est retrouvé vivant lors d’un raid contre Al Qaida, huit ans après sa capture. Un héros pour la nation, excepté pour une agent de la CIA, Carrie Mathison (Claire Danes), persuadée qu’il est devenu un traître, une taupe.

Comme pour Person of Interest, le duo d’acteur est une des principales forces de cette nouvelle série. Damian Lewis (Keane, la série Band of Brothers), ambigüe, mystérieux, « inaccessible » est accompagnée de Claire Danes (Roméo + Juliette, la série Angéla, 15 ans), constamment sur les nerfs, paranoïaque. Les deux sont formidables, et le suspens est maintenu constamment : les souvenirs du soldat et certains plans laissent planer le doute des deux côtés. On pense alors à 24 Heures Chrono, dont l’un des producteurs est le co-créateur d’Homeland, mais -et c’est tant mieux- dans un registre plus réaliste. Sur les retrouvailles « émotionnelles » entre Nicholas et sa famille, notamment sa femme, la série rappelle fortement le film Brothers (2009).

À suivre de très près, Homeland tient habilement le spectateur en haleine et assure une originalité rarement vue dans le genre.

12 épisodes sont prévus pour la première saison.

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• Et vous, quelles nouvelles séries avez-vous découvertes ces dernières semaines ? Quelles sont celles qui vous ont déçues et/ou que vous avez aimées ?