On était habitués aux films avec des zombies/infectés/aliens/tueurs en série avec nécessité de fuir afin de trouver un Eldorado protégé pour échapper à tout ce vilain monde ; ce fut l’occasion de road-trips à pied ou en bagnole comme dans Zombieland, 28 jours plus tard, Monsters, ou Une virée en Enfer (Pour ne donner que quelques exemples)… Les vampires ayant été peu exploités sous cette forme, Stake Land nous initie à la fuite de ces créatures de la nuit, toujours dans un style gore, mais très premier degré.

Un zombie, moi? N'importe quoi! Chuis un vampire!

Alors attention ! ici pas de vamps jeunes et scintillants façon Twilight ou hyper stylés façon Entretien avec un vampire… Là, on est clairement plus proches de l’univers Romero avec des cadavres zombifiés et dégueus à la sanguinolence noire. Pour ce qui est du topo, on se retrouve dans une situation analogue à Zombieland (ça tombe bien même le titre ressemble beaucoup) avec le jeune noob, Martin, joué par Connor Paolo, (équivalent de Jesse Eisenberg, donc et vu dans Mystic River et Alexandre) qui va apprendre à buter du vamepailleur sous l’aile protectrice de Mister interprété par Nick Damici (rappelant étrangement  Woody Harrelson dans l’équivalent zombiesque) en vieux roublard à qui on ne la fait plus. Le jeune puceau apprenti tueur ne le devient pas par hasard : il voit sa famille se faire décimer dès l’ouverture du film et se fait sauver in extremis par Mister qui décide d’en faire son Robin (le sidekick de Batman, pas celui qui vole aux riches) rien qu’à lui.

Comme dans certains road-movies, le duo ne reste pas longtemps tel quel, car ils sont vite rejoints par une vieille nonne à qui il vient d’arriver un truc pas très catholique, puis s’ajoutent le black de service et la meuf bonne pour s’additionner à tout ce joyeux bordel. Rien de bien innovant à première vue, sauf qu’en réalité, si.

Premièrement, le ton : On n’est pas du tout dans le second degré où l’approche humoristique. Ça se veut plutôt « sérieux » comme un 28 jours plus tard ou un Monsters, c’est assez gore, certes mais ça n’est pas « drôle ». Deuxièmement : la narration du jeune héros en devenir nous plonge dans l’intrigue très rapidement sauf que jamais au cours du film nous n’avons d’explication sur la venue et l’existence de ces créatures, car ce n’est pas le sujet du film. Enfin, une originalité scénaristique met en avant l’existence d’une secte pro-apocalypse, qui apporte beaucoup au scénario.

Il est préférable de ne pas développer d’avantage afin de ne pas spoiler le film, mais ça vaut le coup, surtout pour les amateurs de gore et/ou de vampires, parce que ça devenait rare de voir des films/séries qui ne prenaient pas le parti de ces derniers.