L’été permet de voir des gros films de genre aux allures de Blockbuster. La Planète des singes : les origines n’échappe pas à la règle. La période est propice à faire venir un maximum de personnes au cinéma et pour cela, il est bon d’avoir une valeur sure, à savoir ici perpétuer la célèbre saga, tirée de l’œuvre du français Pierre Boule, qui a pris son point de départ au cinéma en 1968 avec le premier volet avec Charlton Heston. Si un remake de ce dernier a vu le jour, sous la houlette de Tim Burton, on ne peut pas dire qu’il rendait bien hommage à l’un des classiques de la Science-fiction. On pouvait craindre le pire pour le film de Wyatt. On se retrouve surtout devant un produit assez inoffensif, réalisé avec métier à défaut d’être marquant. Les scénaristes et le réalisateur souhaitaient surtout coller au maximum à l’esprit de la saga, à défaut de tenter de présenter quelque chose qui sorte de l’ordinaire.


La Planète des singes : les origines trouve donc son point de départ dans un laboratoire. Des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets.

César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

Deuxième long métrage de Rupert Wyatt après Ultime Evasion, La Planète des singes : les origines se contente de dérouler une histoire assez crédible. Seulement, si on se souvient bien du premier volet, la menace qui pesait sur les hommes dans les années 1960 était le nucléaire. Cela a été remplacé ici par un virus (sic)… Sans en dévoiler plus, on aurait presque l’impression que ce film constitue le prologue de l’armée des 12 singes plutôt que celui de la célèbre saga. Mais passons sur ce détail…

Les thèmes évoqués sont assez classiques : les hommes sont des enfoirés, ne font pas attention à leur environnement et sont d’une nature profondément égoïste. Ne pensant donc qu’à eux, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de jouer aux apprentis sorciers menant la race humaine à son extinction. Elle se manifeste par Cesar, le singe qui a du mal à trouver sa place parmi les humains mais aussi parmi les siens. Mais à choisir, il préférera les siens.

D’une réalisation sobre et énergique, La Planète des singes : les origines met beaucoup de temps à démarrer, comme si c’était la première fois qu’on assistait à l’accroissement de capacité intellectuelle artificiellement. Il ne faut en effet pas avoir vu beaucoup de films de se type pour ne pas trouver le temps long dans la première partie. D’autant plus que tout est très linéaire. Pas d’intrigues croisées, hormis dans le dernier tiers du film (et encore…). Peu de choses emballantes, étant donné que l’on connaît déjà la suite… le pourquoi du comment n’a finalement que peu d’intérêt.

Pourtant on sent qu’il y a une volonté de coller le plus possible à l’esprit, sans faire dans l’outrancier. Les singes sont correctement animés et, même si on sent bien le numérique sur certains passages, la volonté d’insister plus sur un singe en particulier, d’où transitent finalement toutes les sentiments de frustration est toujours une formule qui fonctionne. La forme n’est pas nouvelle mais elle fait toujours mouche. D’autant plus que certaines petites séquences rendent un hommage, plus ou moins appuyé, aux autres films de la saga.

Avec des star en devenir (James Franco et Freida Pinto) et des acteurs habitués aux seconds rôles et d’autres habitués à jouer les « motion capture man » (Andy Serkis), La Planète des singes : les origines nous plante un décor familier. Il est juste dommage qu’à force de tout vouloir raconter, on en oublie un peu la part d’imagination propre à l’avènement de cette fameuse planète des singes. Toujours est-il que le propos sur la nature reste d’actualité et qu’il est toujours important d’en prendre conscience, quitte à se le faire marteler à coup de productions plus ou moins réussies.