Le Moine de Dominik Moll

Le 21 juillet 2011 par Sophie dans

Notes

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par Sophie
La critique

Sortie le 13 juillet 2011

Le Moine, réalisé par Dominik Moll est une adaptation du roman « Ambroise, ou le moine » de Matthew Gregory Lewis. L’écrivain n’avait que 21 ans quand il a écrit ce qui est considéré comme un chef d’oeuvre de la littérature gothique et Dominik Moll, qui revient après le succès de Harry, un ami qui vous veut du bien nous livre ici une excellentissime interprétation. Le film est à la hauteur du génie littéraire de Lewis. Le décor est planté.

Ambrosio est encore un jeune bébé quand en décembre 1695 lors d’une nuit d’orages violents, il est retrouvé devant le couvent des capucins, lâchement abandonné par un homme effrayé.. Il est élevé au sein de la communauté et en adopte chaque coutume, chaque précepte, chaque code jusqu’à prononcer ses vœux à l’age de 18ans. Ambrosio brûle d’amour pour Dieu et son talent d’orateur rameute les foules lors de ses prêches. Les églises sont pleines à craquer et chaque personne boit les paroles de ce moine atypique qui alpague la foule en divulguant la bonne parole. De Dieu évidemment. Sa mansuétude pardonne un oncle violeur, mais le frère perd de sa sagesse et viole le secret de confesse en donnant à la mère supérieure d’une jeune religieuse amoureuse et enceinte la lettre d’amour destiné au père de son enfant. La mère supérieure ne supportera pas l’affront du mensonge et la laissera mourir de faim et de soif dans un cachot.


Le Moine - bande annonce – 2011

Rien ne semble perturber la vie d’Ambrosio qui ne vit que par ou pour Dieu mais ses nuits sont perturbées par d’étranges rêves où une jeune femme en rouge prie devant son couvent. Tout va basculer le jour où Valerio, jeune homme au visage brûlé, seul rescapé des flammes qui a ravagé sa famille entière entre au couvent. Car Valerio n’est pas un jeune homme comme les autres. N’est pas un jeune homme du tout même. C’est une jeune femme amoureuse qui n’a trouvé que cette ruse pour tromper la vigilance des moines et approcher de plus près Ambrosio dont le charisme le dépasse lui-même. Chez lui, tout est innocence, Ambrosio n’a jamais vécu en dehors des murs de son couvent et ne connaît pas les tentations de la vie extérieure. Alors qu’il se fait mordre par une bête dans sa roseraie, Valerio lui sauve la vie et lui fait découvrir lors de son coma les délices de la chair. Il ne s’en remettra pas.

Ambrosio découvre enfin la jeune fille qui hante ses rêves et en tombe éperdument amoureux. Il demande l’aide de Valerio qui connaît quelques « trucs » pour guérir de blessures ou se sauver d’une situation délicate avec un autre moine menaçant sa probité. Il lui dévoile alors un stratagème magique qui fera tomber amoureuse sa belle et il pourra alors la posséder. Malheureusement, le couple incestueux est découvert après la bagatelle par la mère de la jeune Antonia qui, voyant le corps nu du moine, reconnaît la tâche de naissance en forme de main sur l’épaule droite de son fils abandonné quelques années auparavant.. Elle mourra de la main d’Ambrosio et le charme s’évaporant, il découvre alors la noirceur de l’humanité, la culpabilité, la colère, la folie même, tous ces sentiments si humains mais inconnus du jeune moine qui vivait cloîtré dans son couvent bien loin des tentations. Il se mure alors dans le silence et sera abandonné par ses paires et livrer à la justice des hommes, son âme étant définitivement persona non grata du Paradis.

A l’oncle violeur essayant de trouver une explication à ses agissements par la faute du Malin, il avait répondu « Satan n’a que le pouvoir qu’on veut bien lui donner ». Et Satan s’est rappelé de ses paroles et les lui retourne pour lui démontrer que le péché fait parti des hommes, même les plus vertueux. Que personne n’échappe à la tentation, qu’aucun humain ne peut faire de sa vie un modèle de sagesse et d’intégrité. La tentation se trouve et se découvre à chaque coin de rues, dans chaque parole prononcée, dans chaque geste même les plus anodins. Une vie humaine ne peut pas être œuvre parfaite de Dieu et en chacun de nous demeure un Ambrosio, et pour continuer dans le biblique, « que celui qui n’a pas péché me jette la première pierre » Même Dieu le sait ! Même Dieu nous accorde le pardon de n’être que des hommes. Alors en échange de la santé recouvrée d’Antonia qui avait sombré dans la folie, il vend son âme au diable. A ne vivre que par la vertu d’un Dieu, on en oublie que le cœur est Homme et la raison n’a de place dans la passion. De même que la nature n’est pas culture. L’amour de Dieu n’est pas le même amour des Hommes. Vaste débat philosophique…

 

 

Chapeau à la réalisation, le film est magnifique, les décors sont splendides et les dialogues superbement interprétés. La couleur (on dit photographie ?) du film est particulièrement travaillée. On oscille entre portraits façon « studio Harcourt » et lumières vives pour les séquences de tentation, si vives qu’on pourrait croire que la pellicule va brûler. Mais tout reste mesuré, calculé et si la lumière ne nous éblouit finalement pas, on l’est par les acteurs. On ne pouvait imaginer meilleur acteur pour donner une image à la tentation que Cassel. Il interprète Ambrosio comme si c’était son dernier film. Son jeu est tantôt juste, passionné, véhément, fou, amoureux. Son rôle est très dur, torturé par Satan sous les traits d’une jeune femme, il doit nous faire croire à la résignation, à la renonciation, à sa soumission et succombe définitivement à la tentation. Et il le fait si bien, que l’on oublie que Le Moine est d’abord un livre. Le déroulement du film est comme un livre qu’on lit. Les plans, les expressions scéniques, les descriptions, sont les pages que l’on tourne. Cassel qui nous habitue à se renouveler à chaque film va devoir cette fois ci se surpasser et trouver un scénario à la hauteur de son talent. Car si la nature n’explique pas la culture, en revanche, dans son cas à lui, la nature l’a bel et bien doté d’un talent énorme qui n’aura de cesse que de grandir avec sa carrière, celle-ci n’étant pas encore au zénith.

Le Moine de Dominik Moll | Scénario de Dominik Moll et Anne-Louise Trividic d’après l’œuvre de Matthew G. Lewis | Photographie de Patrick Blossier | Musique d’Alberto Iglesias | Avec Vincent Cassel, Déborah François, Joséphine Japy, Sergi López, Catherine Mouchet, Jordi Dauder, Géraldine Chaplin, Roxane Duran, Frédéric Noaille | France et Espagne | 2010 | 101 min. | Historique et aventure | Distribué par Diaphana Distribution | Crédit photographique : Diaphana


A propos de l'auteur

Sophie
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Rédactrice spectacles I'm the most gorgeous, cute, smart and beautiful woman in the world.. But you won't fuck me. • Réalisateurs préférés : Luis Bunuel, Federico Fellini, David Fincher, David Lynch, Tim Burton, Jean-Marie Bigard • Films préférés : Le Baltringue, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, Conan le barbare, Duel, Saturday night fever • Auteurs préférés : Houellebecq, Petit ours brun • Livres préférés : Le Rouge et le Noir (best book ever), L'écume des jours (best book ever), Les oiseaux se cachent pour mourir • Chanson préférée : La tendresse • Groupes, chanteurs, chanteuses préferées : Zazie, Nostromo, Pitbull in the nursery, Lady Gaga, Marc Lavoine, Serge Gainsbourg (ever and ever)

1 commentaire sur cet article



  1. avatar
     
    Frere Angus

    Vu ce film hier.

    Une belle façon de revisiter la légende irlandaise de l’ermite de Letterkenny

    Belle photographie, malgré une réalisation franchement classique.

    Je ne suis pas sûr d’apprécier le point de vue de l’histoire, du moins tel que tu le décris. C’est plus un plaidoyer contre l’arrogance de Ambrosio, arrogance qui lui fait presque douter du mal en tant que réalité autre qu’humaine ; c’est d’ailleurs grâce au recours à la magie, et donc au démon, que chute Ambrosio.

    J’ai également été dérangé par la facilité déconcertante avec laquelle le personnage évolue vers le mal. Ca n’a pas été très crédible à mes yeux, même si Cassel essaie de sauver les meubles avec son énorme talent.



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