X-Men : Le Commencement de Matthew Vaughn

Le 4 juin 2011 par Guilhem dans Action

Notes

Réalisation
70%


Casting
80%


Scénario
70%


Photo
80%


Musique
70%


Intérêt
75%


Total Score
74%

74/ 100

Genre: , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: , , , , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 130 minutes
 
Titre original: X-Men: First Class
 
Crédit photographique: Twentieth Century Fox
 
par Guilhem
La critique

Taper la première division de l’entertainment cinématographique, ça vous (po)lisse un homme. Tel est donc le cas de Matthew Vaughn qui a réussi à faire, contre toute attente une très bonne adaptation de comics l’année dernière et aussi un des films les plus marquants, Kick-Ass. Ayant intégré la première division du championnat américain des blockbusters, il devait montrer sa maîtrise et son savoir faire pour être le rookie of the year 1. Selon le nouvel adage en cours : plus on a d’argent, moins on a de liberté, on pouvait donc craindre une grosse baisse de niveau. Ce qui ne manque évidemment pas avec ce X-Men, le commencement (enfin l’un des commencements, parce que Marvel a déjà beaucoup recommencé avec ses chers X-men, qui se paye le luxe d’être régulièrement en tête des ventes des comics depuis de très nombreuses années). Avec un casting de demi-inconnus au bataillon pour le grand public, il fallait donc quand même un jour retracer l’histoire des deux plus grands ennemis/amis jurés de l’histoire des super héros, à savoir Charles Xavier et Erik Lehnsherr.


X-Men: First Class (X-Men : le commencement) nous entraîne aux origines de la saga X-Men, révélant une histoire secrète autour des événements majeurs du XXe siècle. On assiste donc à la naissance des mutants, qui prend son départ pendant la seconde guerre Mondiale, avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde.

Les futurs Professeur X et Magneto, Charles Xavier et Erik Lehnsherr sont deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois dans des conditions légèrement différentes. Le premier vit dans le manoir familial et fait la rencontre d’une fille comme lui, Raven. Le second les a découverts lorsqu’on a pris ses parents dans un camp de concentration.

Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les X-Men du Professeur X éclata…

Une chose est définitivement sûre : s’il y a une sacro sainte continuité, il s’agit surtout de celle des films avec ce nouvel épisode. Peu de rapports avec les vraies origines des X-men en ce qui concerne les membres fondateurs, à deux ou trois exceptions prêts. Les scénaristes ont surtout préparé un cocktail de personnages qui interviennent à différentes époques, entre un fauve présent depuis le début, un hurleur arrivant sous la houlette de Chris Claremont ou encore une Angel ayant fait ses premiers pas avec Grant Morrison. Ce dernier, avec son compère Quitely, avait d’ailleurs marqué les esprits des lecteurs et il n’est donc pas étonnant de revoir les costumes de cette époque, tout comme les secondes métamorphose (Emma Frost qui se transforme en diamant et le fauve avec un look beaucoup plus bestial).

Ce mélange des genres aurait de quoi dérouter le fan des X-Men de la première heure même s’il a toujours été établi que les X-Men étaient une franchise dont les personnages sont interchangeables. On a quand même bien du mal à comprendre pourquoi dans cet épisode, il n’y a aucune trace de deux des personnages les plus importants de la série, à savoir Jean Grey et Scott Summers (on aura droit quand même à son frère, Alex). Si ce dernier crève lamentablement dans le 3 et a toujours été considéré comme un personnage de seconde zone dans les films, au grand dam d’une partie des fans. Mais qu’importe, après tout, les X-Men sont moins une famille qu’un regroupement de parias et ce message a toujours été véhiculé par la série selon les époques. Les membres sont souvent interchangeables, il y a au fil des décennies, plusieurs formations différentes, avec un socle de personnages principaux plus ou moins réguliers selon les envies des scénaristes.

Ce qui frappe tout de même, c’est la volonté de coller aux années 2000/2010, avec des personnages plus murs que leurs âges et beaucoup plus contemporains. Logique lorsque l’on s’adresse à un public d’aujourd’hui. Moins de naïveté transparait parce que le monde est moins clair que dans les années 1960. Les nouveaux fléaux qui frappent l’humanité et la peur du lendemain ont clairement resitué les X-Men et leur combat pour se faire une place dans la société. Il est vraiment à souligner que dans le film, il y a la reprise des deux thèses, l’une défendu par Magneto et l’autre par le Professeur X. C’est ce qui a toujours fait le sel de la franchise. Mais comme toujours avec la franchise au cinéma, les X-Men manquent de percussion et de volonté de dépasser les limites.

Claremont nous ayant trop mal habitués avec des intrigues de malades s’inscrivant sur des dizaines d’années, Morrison ayant poursuivi le travail en grisant des personnages trop blanc ou trop noirs et montrant leur face cachée, on aurait pu s’attendre à voir ici émerger, depuis que le Dark Knight a ouvert la voie, un épisode plus adulte et plus noir, plus dur. Si effectivement, certains éléments sont clairement plus orientés vers un public adulte, le film ne décolle pas de messages bateaux et propres à ratisser plus large. La tolérance, le respect de la différence sont toujours des thèmes qui feront sourire les cyniques de nature et les adultes. Le coté boy scout du professeur Xavier est un peu lissé, que Magneto aura toujours combattu. D’ailleurs ce dernier, incarné par Michael Fassbender2 et qui compte le plus, est impressionnant ici. On sent la volonté des scénaristes et des producteurs de le placer au même niveau que Heath Ledger avec son rôle marquant du Joker. Il éclipse donc James McAvoy, le professeur X, même si celui-ci arrive un peu à lui tenir tête.

Pour le reste, c’est un peu dommage qu’il y ait quelques erreurs de casting et approximations. Si on apprécie Rose Byrne, dont le mois de juin en France sera SON mois puisqu’on la retrouve dans Insidious, où est passé le roux naturel de Moira Mactaggert ? Emma Frost, incarné par January Jones (la série Mad Men), manque de traits lisses qui caractérisent une beauté pure et contrastent, d’une certaine manière, avec son coté manipulateur. Elle en joue énormément dans la Bande dessinée puisqu’on aimerait tant lui donner le bon dieu sans confession.

Mais incontestablement et paradoxalement, X-Men: Le Commencement est celui qui respecte un tant soit peu plus l’esprit de la bande dessinée. En effet, même si l’équipe de base ne veut rien dire, le fait que des personnages décèdent rapidement (et même s’il est noir), nous ramène à la mort de l’indien apache Thunderbird lors de la relance des X-Men en 1975. Cet acte fondateur, associé aux différences fondamentales entre Charles Xavier et Erik Lehnsherr inscrivent ce nouvel épisode comme l’un des plus proches de ce que l’on a pu lire dans les comics.

Il est juste dommage que plusieurs points, au niveau technique, ne suivent pas : les effets spéciaux et incrustations d’images de synthèse ne sont pas toujours au point, donnant sur grand écran l’aspect d’un jeu vidéo. Et surtout la musique. Si le thème orchestré par Henry Jackman est sympa, il est très mal synchronisé avec ce qui se passe à l’écran. La musique a résolument une touche très 60’s/70’s mais ne colle pas avec l’action. Clairement problématique pour en faire un film de très grande envergure et marquant de l’année.

Si The Dark Knight, Le Frélon Vert, Darkman ou encore, dans une moindre mesure, Kick-Ass, s’inscrivaient dans un courant plus adulte des personnages masqués plus ou moins inspirés de comics, X-Men: Le Commencement choisit, lui, de se mettre à la portée de nouveaux fans en lissant un maximum son intrigue. On ne s’ennuie pas vraiment et on aura plaisir à retrouver quelques cameo, comme celui de Hugh Jackman, le Wolverine emblématique ou encore, pour les puristes des films de genre de voir Michael Ironside, Ray Wise ou Rade Serbedzija, le Boris dans Snatch. Un peu d’humour, beaucoup de personnages différents, plusieurs intrigues, que demande le peuple pour un blockbuster ? Pas plus, si ce n’était de vraiment marquer les esprits définitivement. Ca sera pour une prochaine fois…

  1. Terme à dominance sportive que l’on retrouve dans les championnats nors américains de sports en équipe ou sport automobile. Littéralement « Débutant de l’année » ou meilleur débutant de l’année. []
  2. L’acteur révélé par Band of Brothers à la télévision et depuis a tourné dans les films de « mecs » comme 300 ou Centurion []

A propos de l'auteur

Guilhem
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Créateur du site. Et accessoirement d'autres casquettes et rôles (beaucoup). Envoyez un mail à guilhem@cadependdesjours.com pour toute demande, question, suggestion ou demande plus formelle (courrier des lecteurs accepté aussi).

4 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

    Ce film est de très loin le meilleur des 4. Des personnages plus construits, des scènes d’actions qui ont un sens, une présentation des personnages et de leurs relations qui ne laisse pas les seuls fans capables de comprendre et pourtant on reprend les grands éléments phares de l’histoire des personnages. Je ne fais aucun cas des soit disant « incohérences » vis à vis des comics, je martèle cet élément à chaque sortie d’un film basé sur un comics, mais on ne résume pas 40 ans de parutions en trois heures de films, il faut faire des choix cinématographiques, et tant que le film est bon, ça me va. Autant un personnage comme Dead Pool avait été complètement gâché dans X-Men Origins : Wolverine, autant là on pousse au raffinement avec Mystique et Beast par exemple. J’avoue qu’une Angel qui ressemble plus à la guêpe qu’à autre chose je ne vois pas trop le pourquoi, et je ne sais toujours pas si ce film est un reboot ou non (on dirait que non puisqu’ils ont quand même pas mal collé aux autres, hormis pour l’apparition d’Emma Frost que l’on voit apparaître ici dans les années soixante alors qu’on la voit aussi dans le X-Men Origins : Wolverine, âgée d’à peine 17 ans).

    Je n’avais pas du tout lu le synopsis et j’ai été ravi de voir le Club des Damnés et Sébastian Shaw comme ennemis. Et ma grosse surprise du jour c’est que j’ai revu X-Men le premier, le jour même avant d’aller voir le film et qu’en voyant l’intro avec Magneto enfant, je me suis dit qu’ils devraient repartir de là…

    Enfin, la VO comme d’habitude devient obligatoire, ne serait ce que pour le jeu sur les diverses langues utilisées. Il y avait comme un arrière goût d’Inglorious Basterds ^^


  2. avatar
     
    Dextarian

    Angel fait partie de l’époque Morrison-Quitely et effectivement, elle a des pouvoirs proches de la guêpe. ils lui ont rajouté un pouvoir offensif mais je crois que c’était aussi le cas à un moment dans la BD.

    De loin le meilleur des 4 ? Tu oublies le 2, qui est quand même niveau intensité et adaptation, le plus réussi. Il tenait même le haut du pavé pendant quelques temps comme la meilleure adaptation d’un comics avant de se faire détrôner par The Dark Night

    Quant aux résumé de 40 ans. On en est même plus là. C’est surtout encore une fois une réécriture des origines, hormis les éléments de base. De toute façon, on parle d’adaptation donc c’est le parti pris des scénaristes qui est mis en valeur. C’est pas une adaptation personnelle mais une adaptation qui respecte un cahier des charges bien précis.

    Quand à la VO : hormis le français/anglais, les autres langues sont sous titrées donc, on en a aussi pour notre argent.


  3. avatar
     

    Contrairement à Sylvain, je trouve que le meilleur, c’est X-Men 2. Mais celui-là est tout de même très très bon, on se fait pas chier, c’est bien joué.

    Je reproche juste 2 incohérences : une ressemblance entre James Mc Avoy et Patrick Stewart aussi évidente que celle entre James Dean et Patrick Dils, et le fait que Magneto jeune est brun aux yeux marrons avec de grandes oreilles (normal, si on veut bien faire comprendre qu’il est juif) puis il devient inexplicablement aryen blond aux yeux bleus en la personne de Fassbender… incompréhension.


  4. avatar
     

    [...] sont les mêmes que la scène d’introduction de Hell Driver… [↩]Trois Spiderman, quatre X-Men (plus Wolverine), deux Iron Man, deux Batman, deux Hulk, deux Quatre fantastiques, Hancock, [...]



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