La Proie d’Eric Valette

Le 13 avril 2011 par Guilhem dans Action

Notes

Réalisation
70%


Casting
80%


Scénario
55%


Photo
78%


Musique
73%


Intérêt
70%


Total Score
71%

71/ 100

par Guilhem
La critique

Est-ce qu’en France, on sait (encore) faire des polars/Thrillers dignes de ce nom ? La réponse est manifestement oui, un gros oui, d’ailleurs, avec le nouveau film d’Eric Valette, le réalisateur, qui n’hésite pas à varier les styles après Maléfique sorti en 2003, le remake du film de Takeshi Miike One Missed Call sorti en 2006 et Une affaire d’Etat sorti en 2009, en s’attaquant ici à un genre assez moribond dans notre contrée. On doit l’histoire du film à Luc Bossi et Laurent Turner qui avaient signé le scénario de La Chance de ma vie avec Virginie Efira, comédie romantique gentillette sans plus. Sans temps mort, mélangeant plusieurs histoires sans en perdre le fil, La Proie est une petite surprise dans les sorties de la semaine.

Un braqueur (Albert Dupontel) s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série  (Stéphane Dubac) qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs  (Alice Taglioni) se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Tout comme A bout Portant, de Fred Cavayé, qui cherchait dans son film à donner un gros rythme soutenu, La Proie cherche à reprendre ce qui avait les ingrédients de la trilogie Jason Bourne, qui semble-t-il, a marqué les cinéastes. Ici, ne serait-ce que par la musique de Noko et le rythme propre du film, on se sent à la maison. Mais ce n’est pas tout. Les plans choisis, le rythme insufflé à l’ensemble et les acteurs font que l’on se plonge sans problème dans ce polar/thriller avec un certain plaisir. C’est assez rare pour le souligner, d’autant plus qu’il y a vraiment une énergie pour une simple banale histoire policière.

Et La Proie permet surtout à Dupontel de montre un style « Jean-Paul Bemondoien »1 qu’on ne lui connaissait pas forcément, hormis à travers Enfermé Dehors , par exemple, où il donnait déjà la pleine mesure de son énergie physique. Ici, selon les dires de la production, il aurait réalisé lui-même toutes les cascades, ce que l’on croit sans peine au regard des plans et des choix de caméra2. Courant, sautant, plongeant, il se retrouve sur un train, sur les pans d’une falaise… S’investissant pleinement dans son rôle, c’est surtout la partie dans la prison qui marquera les esprits où son coté animal fait des merveilles dans cet univers clos.

 Coté casting, d’ailleurs, le choix est plus que bon en donnant à des acteurs des rôles taillés pour eux, à commencer par Stéphane Debac (que l’on apperçu dans Djinns), très inquiétant en bon bourgeois d’apparence et tueur/violeur en série, qui avec sa femme complice, joué par Natacha Régnier sont particulièrement effrayant en étant des gens comme tout le monde. Pour le reste, Caterina Murino (L’enquête Corse, Comme les 5 doigts de la main), Sergi López ou encore Alice Taglioni s’en sortent pas trop mal, même s’ils sont un peu éclipsés par les acteurs cités plus haut.

Si La Proie est une bonne surprise, c’est qu’en jouant sur les codes des films d’actions américains, il garde une touche bien française en faisant intervenir un maximum d’éléments bien français, commencer par les différentes forces de polices ou encore les lieux propres à ce cher pays (la région PACA et plus particulièrement l’arrière pays est mis en valeur ici). Ce mélange des genres entre ce coté formel digéré par le réalisateur et le reste  fait que ce film peut avoir ses chances à l’exportation, ne serait-ce que parce que justement, il y a un soin tout particulier dans la réalisation, sans trop en faire et sans ce coté « cheap » que l’on retrouve souvent dans des productions similaires. Sans temps mort, on suit les pérégrinations de Dupontel tout au long du film, entrecoupées de passages des flics ou du tueur en série et où tout se rejoint dans un final assez classique, somme toute.

La Proie est donc à voir, car même s’il ne restera pas dans les annales du cinéma qui comptent des milliers de films, le film de Valette est un thriller efficace et solide. Avec un titre qui renvoi à l’état de chacun des protagonistes à un moment donné du film (qui est la proie, qui est le chasseur?), c’est du tout bon pour les amateurs du genre.

  1. Jean-Paul Belmondo avait l’habitude d’exercer lui-même ses cascades dans la plupart de ses films, selon la légende. []
  2. A noter d’ailleurs le boulot au niveau des prises de vue, qui cherchent soit de l’ampleur, avec des mouvements de grues, soit en restant sur des plans sérrés pour coller au mieux aux personnages. []

A propos de l'auteur

Guilhem
avatar

Créateur du site. Et accessoirement d'autres casquettes et rôles (beaucoup). Envoyez un mail à guilhem@cadependdesjours.com pour toute demande, question, suggestion ou demande plus formelle (courrier des lecteurs accepté aussi).

7 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

    Je refuse d’aller voir ce film car il y a Alice Taglioni dedans.


  2. avatar
     
    Dextarian

    Oué, j’ai vu que le film s’était bien fait taillé par la presse. La faute au casting, qui hormis Taglioni qui est à sa place dans ce genre de film, joue plutôt dans la cour des films d’auteurs et des films qui veulent dire des choses. Ce qui fait que la population attirée par les noms à l’affiche ont eu un choc. :D

    Pour ma part, c’est juste un bon gros film de genre, rien de plus, rien de moins. Bien sûr que le Dupontel est un sup’héros, sinon, il serait déjà mort dans sa prison au bout de 5 minutes de film :D. On n’est pas dans Zonzon, Le Prophète, Felon, Les évadés ou encore Cellule 211. Je l’ai plus vu comme un Hors d’atteinte, à ce niveau-là. Un réalisateur qui joue plus sur des codes de ce cinéma là que sur la recherche d’une quelconque crédibilité (le coup du serial killer habillé en bourgeois catholique, ca interpelle déjà).

    A partir justement de cette scène là, tu sais que le film va basculer dans le grand n’importe quoi. Comme rien ne tout ce qui arrive n’existe vraiment, on se laisse bien porter parce qu’on a posé notre cerveau à l’entrée du cinéma. Il n’y a qu’à voir l’utilisation assez systématique de la grue pour se dire qu’on rentre dans un cinéma qui cherche à faire du style.

    Le réal, avec ces scènes de prison nous fait justement bien comprendre, même si c’était pas son but, que ça va aller crescendo dans le délire. Et donc, on sait que le Dupontel va arriver au bout de son aventure, même si on se demande bien pourquoi (il arrive quand même deux fois à s’enfuir au nez et à la barbe des flics alors qu’ils ont bouclé tout le secteur sur des kilomètres à la ronde).

    Alors dans le genre, il est solide et efficace. Pour peu que tu te poses pas trop de questions. Mais bon, c’est un peu comme un Belmondo des temps anciens: tu sais bien que le mec a pas du tout le style de commissaire, que les histoires qu’il vit sont totalement improbables mais tu te laisse bien porter parce que justement tu réfléchis pas. Et il faisait beau ce jour là quand j’ai vu La Proie, ça aide peut-être, je sais pas :D.

    Sinon, y a Mr. Nice qui passe au cinéma. Et d’après ce que j’ai compris, Road To Nowhere (passé à coté de celui-là) et Rabbit Hole.


  3. avatar
     
    waxaca flo

    euh, moi, j’y ai surtout vu des personnages énormes de clichés, des dialogues basiques, un côté super-héros de Dupontel déplacé et un scénar oscillant entre alambiqué et téléphoné.
    Même le bruit des cigales m’a semblé faux.
    La violence des scènes en prison a fait sursauter et mm crier mes voisins proches, sauf mon copain, auprès de qui je devais m’excuser de l’avoir emmener voir ça …
    Sa réponse à : « ben, ct avec Dupontel, d’habitude, il choisit bien… » a été : « Steve Buscemi aussi fait des films alimentaires entre deux vrais choix », ou alors, il a dit des films de merde … ;)

    Enfin, bon, c’est bizarre, parce qu’en général, tu es plutôt une valeur sûre, avec des goûts proches des miens… j’avoue que j’avais pas lu cette critique avant d’aller au ciné et je venais voir si qqn l’avais faite et comment il avait été taillé. ;)

    @Djool : N’y va définitivement pas : elle a hérité du rôle de la « super girl » : méga bonne en pute, méga efficace en flic, méga intution féminine, méga sportive et fighteuse, méga tireuse, méga courageuse, méga pardonneuse, méga tendre avec les gamins … y a la totale !

    Et puis, ils ont osé enlaidir Sergi Lopez. Bad point.


  4. avatar
     
    waxaca flo

    Ok, alors, c’est peut être juste ça, c’est un film de genre dont je n’aime pas le genre, fan ni de Bebel, ni d’Hors d’atteinte.
    Et mes références prisons étant Oz et cellule 211, c’est sûr que le début ne m’a pas mise en confiance et que ça n’a fait qu’empirer par la suite.

    Mais bon, on va sûrement aller voir d’autres trucs (on a enfin reçu notre carte 2 pour 1, gratuite, via Tefal), alors, je vais regarder de plus près les avis et critiques avant de resortir, cette fois-ci.

    Rabbit hole : je me sens pas d’attaque pour celui-ci pour l’instant
    Mr nice : je ne connaissais pas, pourquoi pas…
    Road to nowhere : pas mal de critiques allociné le détruisent, genre du sous-Lynch … à réfléchir

    Il y aura bientôt Pina, en 3D, en définitive, car des cinés dans le coin le passent, mais soit ct mal indiqué sur le net, soit c’est en décalé par rapport à la vraie sortie.


  5. avatar
     
    Dextarian

    Une carte gratuite par Tefal ? Intriguant. Voilà donc pourquoi la Proie ne pouvait pas te plaire. Après, de toute façon, c’est un film destiné à la télé, surtout.


  6. avatar
     
    waxaca flo

    C’est une carte « 2 pour 1″ que tu pouvais choper de plusieurs façons, chez Celio par exemple, mais aussi en achetant des produits Tefal à la période de la Chandeleur. Il en faut deux, une pour les circuits Pathé et l’autre pour le reste.
    http://www.cinemasgaumontpathe.com/offres/carte-2-pour-1.html
    Vu qu’on va toujours au ciné à deux, on s’est dit qu »investir dans une balance Tefal était peu cher payé pour avoir les entrées à 10 au lieu de 20€. Nous ne sommes donc plus condamnés à n’aller qu’aux séances du matin.
    L’an dernier, on l’avait ratée, cette fois, on l’a guettée.

    Et maintenant, y a le « code source » en plus, sur la liste à visionner.


  7. avatar
     
    Dextarian

    Effectivement, ça a l’air pas mal. Comme j’ai une carte pass depuis 6 ans maintenant, je connaissais pas ce genre de ristourne fortement sympathique.

    Et vu le prix des places, vaut mieux tenter de se débrouiller pour trouver des promo.



Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. L'inscription est gratuite.

La selection des actu
  • AltJ
  • Pour que Pendant les Travaux le cinéma reste ouvert reste à l'antenne
  • Sin City 2 photo film la suite sur CDDJ Couverture
  • 2657694088_small_1
  • THE WHO 03
  • REDSKYUNE
  • mesures
  • copyright Ayers Rock Boat Lyon /DR
  • REDSKY2
  • robert-pattinson-in-the-rover