Sortie le 6 avril 2011

SEIGNEUR DIEU! J’ai vu Numéro quatre début Mars, mais les mots me manquaient pour décrire à quel point le film est mauvais. Non pas que j’y allais avec de grandes espérances, car en voyant la bande-annonce, ce mix entre Dark angel / Smallville / Superman / Roswell / insérer tout film ou série relatant une personne avec des super pouvoirs et traquée pour cette raison /, on s’attend à un scénario super prévisible. Réalisé par D.J. Caruso (auteur de Salton sea en 2001, de Taking lives, destins violés en 2002, de Two for the Money en 2004, de Paranoiak (2007) et L’ Œil du mal en 2008), Numéro quatre est l’adaptation de l’œuvre de James Frey et Jobie Hughes. On aurait pu penser que c’était l’occasion de voir un bon easy-watching façon Michael Bay, où on ne trouve pas ça ridicule au point d’éclater de rire toutes les 5 minutes comme dans Dragon Ball Z Evolution, mais ce fut malheureusement le cas.

Un résumé du synopsis s’impose : Un adolescent, John Smith (interprété par l’aussi bonne qu’inexpressif Alex Pettyfer de Storm Breakers) est un extra-terrestre de la planète Lorien ((Rien à voir avec la ville de Bretagne, quoi qu’on puisse se poser la question.)) et un fugitif qui essaye d’échapper à ses ennemis les Mogadariens (sorte de goths néo-punks à plateformes) qui sont là pour le supprimer après avoir tué 3 autres loriens (ou vauriens, c’est vous qui voyez) aux superpouvoirs analogues. En changeant d’identité, en déménageant de ville en ville avec son protecteur Henry (Timothy Olyphant), John se retrouve à jouer le nouveau du lycée qui doit s’inventer un nouveau passé. Et c’est dans le trou du cul de l’Ohio qu’il rencontre Sarah (Dianna Agron), une humaine blonde et un peu coconne qui va devenir le premier et éternel amour de sa vie (oui parce que comme le dit Henry « nous, on est pas comme ces enfoirés d’humains, quand on aime, c’est pour l’éternité « ). Du coup ses nouveaux superpouvoirs trop méga cools s’intensifient et un lien avec  « Numéro 6 » (Teresa Palmer), qui partage sa destinée, se créé.

Le problème, c’est que le screenplay est un joyeux bordel. Si les Mogadariens veulent détruire la terre, pourquoi ne le font-il pas à leur bon vouloir, sans se préoccuper des  « numéro trente-douze », histoire de les calmer tous en même temps ? Quel est le mobile ? Dans Faites Entrer L’Accusé, Christophe Hondelatte explique toujours pourquoi untel a tué untel. Là, on sait que les mecs ne viennent pas de la même planète, mais pourquoi vouloir buter des gamins qui se sont barrés sur une autre planète, et qui par conséquent, vont plutôt faire profil bas et pas forcément chercher à les mettre à l’amende? Et puis s’ils veulent seulement tuer ces gamins, pourquoi détruire la terre, toute entière? Nous les humains, on leur a rien fait à ses Mogamachins.

Je suis Numéro 4 – Bande Annonce [HD] VF

Autre incohérence notable : à une fête foraine, l’ex de Sarah créée un commando archi équipé (genre tasers, masques infrarouges et tout) pour donner une petite correction à John Smith. Sur ce, le mec ce défend grâce à des fabuleux lasers qui lui sortent des mains, et bien allez savoir pourquoi, sa nouvelle meuf Sarah lui demande pas une seule explication alors qu’elle sait rien et qu’elle est supposée croire à ce moment précis, qu’il est humain. What the feck ? Un gars qui défonce d’autres mecs avec des lasers magiques qui sortent des mains, vous ne vous demandez pas c’est quoi le truc ? Genre « Hey John! Super impressionnant tes loupiottes là, tu fais ça comment ? ». Là, rien (la meuf est blonde et un peu cruche).

Qu’on ne sache rien de ce Jason Bourne version alien est un peu poussif aussi. On sait qu’il a un protecteur, que ses parents sont morts, qu’il est numéro 4, et qu’une jolie boiboite laissée par ses parents l’attend à la fin. Mais c’est pas Jason Bourne, ce n’est pas un agent secret, donc un peu plus de détails sur son enfance ou ses origines eussent été plus que bienvenus. Même pas un petit pola de ses parents histoire de voir un peu si eux aussi avaient l’air humain, contrairement aux Mogdas, visiblement inspirés par les Bogdas, tant leur visage se rapproche plus de l’anus auquel on aurait greffé des branchies, qu’à une expression humanoïde.

Et tout cela ne s’arrange pas si on prête attention aux performances d’acteurs : Alex Pettyfer est totalement vide et inexpressif, il a lui-même l’air de s’ennuyer ferme lorsqu’il récite son texte. Conclusion : il est incapable de « jouer » dans le sens théâtral du terme. Il n’est pas aidé par le reste du casting, car personne n’est convaincant, pas même le chien qui se transforme en monstre.

Numéro 4, a essayé la science-fiction à l’eau de rose façon Roswell (la série), en mettant tout de même un peu d’action pour également plaire aux garçons. Michael Bay a beau être producteur depuis un certain temps, il n’a pas appris de Transformers 2 : faire tenir la caméra par un épileptique de façon à ce qu’on ne comprenne rien à ce qu’il se passe durant la scène d’action, c’est naze. Quant à la romance entre John et Sarah, comment dire, il y a tellement de passion entre eux que tu mettrais un poulpe en face d’une huître, tu obtiendrais plus d’effet.

Pour conclure, on peut tout de même dire que c’est drôle tant c’est ridicule, un peu à la manière de Dragon Ball Z, a une différence près : j’ose espérer qu’il n’y aura pas de suite, alors que DBZ, si.

Numéro quatre (I Am Number Four) de D.J. Caruso | Scénario d’Alfred Gough, Miles Millar et Marti Noxon d’après l’oeuvre de James Frey et Jobie Hughes| Photographie de Guillermo Navarro | Musique de Trevor Rabin | Avec Alex Pettyfer, Timothy Olyphant, Teresa Palmer, Dianna Agron, Callan McAuliffe, Kevin Durand, Jake Abel, Jeff Hochendoner | Etats-Unis | 109 min. | Science fiction et Action | Distribué par The Walt Disney Company France | Crédit photographique : Walt Disney