Jaume Collet-Serra, espagnol de son état, réalise avec Sans identité, son quatrième film avec le remake « sympathique » de La Maison de cire, la suite inutile d’une franchise non moins inutile Goal II la consécration et enfin, à connu un certain succès avec un énième thriller sur un enfant qui cache des choses, Esther. Il n’en fallait donc pas plus pour qu’il soit le maître de cérémonie d’une coproduction regroupant pas moins de six pays pour un film qui lorgne totalement, sur le fond, sur la désormais célèbre trilogie de Jason Bourne ((La mémoire dans la peau, La mort dans la peau et bien entendu La Vengeance dans la peau. On ne sait d’ailleurs pas encore si un quatrième épisode va se tourner puisqu’une nouvelle série de romans a vu le jour récemment, sous la plume d’Eric Van Lustbader et d’après l’oeuvre de Ludlum, dont il existe pour l’instant La Peur dans la peau, La trahison dans la peau ou encore Le Danger dans la peau.)), à défaut de jouer sur la forme, comme tant d’autres films par le passé ((La façon de filmer, la musique, ect, ect… beaucoup de films se sont inspirés, pour certains scènes, de ce qu’avait mise en place les deux réalisateurs de cette trilogie.)). Basé sur le roman Hors de moi de Didier Van Cauwelaert, Sans identité n’apporte rien de nouveau sous le soleil pour acteur qui nous refait le coup de Taken et même le dévoilement de l’intrigue laissera comme un petit goût de déjà vu….

Le docteur Martin Harris (Liam Neeson) et son épouse (January Jones) se rendent à Berlin pour donner une conférence. Se rendant compte qu’il a oublié sa mallette à l’aéroport, Harris prend un taxi. Las, sur le chemin, il est victime d’un accident et tombe dans le coma.

Une fois réveillé à l’hôpital, il apprend qu’un autre homme a pris sa son identité et même sa femme ne semble plus le reconnaitre. Avec l’aide d’une jeune femme (Diane Kruger) il va devoir tout mettre en œuvre pour prouver qu’il est et retrouver son identité…

Sans identité, au début, s’amuse à se donner quelques airs de Frantic, avec des touristes américains qui débarquent dans une ville européenne qui n’ils ne connaissent pas et qui se retrouvent subitement perdus. Enfin, l’homme bien sûr. Mais c’est vite évacué par la suite. Le cadre allemand est idéal pour faire un film sur la perte d’identité puisque ce pays et surtout sa capitale actuelle, Berlin, se cherche, dans une certaine mesure, une nouvelle identité, avec une scène artistique très active d’ailleurs pour faire autre chose que d’évoquer les sombres heures de son histoire (au hasard le national socialisme et le communisme qui a coupé la ville). Mais revenons à nos moutons et le propos du film. ((Que le lecteur se rassure tout de suite d’ailleurs, nous sommes ni dans les très bons films de la veine de  La vie des autres et encore moins dans le très bon La Vague. Ici, Berlin n’est vraiment qu’un prétexte parmi tant d’autres pour nous pondre une histoire déjà vue sans aucune portée avec un passé ou un propos politique finement appuyé par un réalisateur qui a des choses à dire. Une des séquences du film qui relate certains événements est d’ailleurs plus un enrobage « sérieux » qu’autre chose.))

Pour les amateurs de thriller, Sans identité n’apportera rien de nouveau sous le soleil. La mise en scène est classique et Neeson se bat comme un beau diable, à la manière de Taken, pour rendre un personnage un tant soi peu crédible et mystérieux. Cet acteur qui a déjà une longue carrière derrière lui et qui est maintenant bien reconnu du grand public depuis quelques années ((Grâce à ses rôles dans Star Wars, Batman BeginsTaken, Le Choc des Titans et le récent Agence tous risques.)) fait bien le métier, aidé d’une Diane Kruger qui est parfaite dans son rôle de nana prise dans une histoire qu’elle ne contrôle pas du tout. On retrouve également Bruno Ganz et Frank Langella, deux immenses acteurs, pour donner la réplique à Neeson et amorcer une intrigue très capillotractée.

Mais toute cette histoire est d’un déjà vu, à tel point que l’on se demande bien si le livre dont est inspiré Sans identité n’est tout simplement pas une grosse resucée de la saga de Robert Ludlum tellement les retournements de situation sont les mêmes. Sans entrer dans les détails, pour éviter de dévoiler plus l’intrigue, cela devient même un peu grandguignolesque à certains moments tellement les fils tissés au début se révèlent être particulièrement gros pour pas que le spectateur lambda ne découvre la supercherie

Mais Sans identité est à l’image de ce que sait faire l’Espagne en matière de films de genre : du solide et de l’efficace. Et Jaume Collet-Serra, sans être doté d’un génie hors du commun et d’une mise en scène particulièrement novatrice, signe ici un bon produit, à défaut d’un bon et grand film. C’est de toute façon le pari pour sortir un film international et qui cherche surtout à séduire le spectateur de manière rapide et efficace, pour peu que ce dernier soit amnésique…