PJ Harvey à l’Olympia – Pas banal, pire !

Le 26 février 2011 par Cédric Le Men dans Rock
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Notes

Prestation
40%


Jeu de scène
40%


Son
60%


Durée
30%


Intérêt
50%


Total Score
44%

44/ 100

Genre:
 
Artistes:
 
Lieu:
 
Date:
 
Crédit photographique: ©D.R.
 

Les plus:

PJ en live ?
 

Les moins:

la promesse non tenue
par Cédric Le Men
La critique

Du haut de ses 41 ans, l’anglaise Polly Jean Harvey peut se vanter d’avoir bousculé un certain nombre d’idées préconçues, notamment sur l’image des femmes dans le rock n’ roll. Depuis son premier album, Dry, paru en 1992, jusqu’à Let England Shake cette année, presque 20 ans marqués du sceau de la provocation, de l’originalité, d’une certaine forme de destroy mâtiné de glamour, au service – sinon à l’avant-garde – de ce que d’aucuns appellent le « rock alternatif ». Inutile de préciser que son retour sur la scène parisienne était plus qu’anticipée par les fans, qui ont pu admirer leur idole lors de deux dates, les 24 et 25 février 2011, à l’Olympia s’il vous plaît.

Et parce qu’anticipation rime souvent avec gros business, les deux dates étaient bien évidemment archi-complètes le jour même de la mise en vente des places. Mais, au final, quid ?

Parce que PJ Harvey est cool, on n’a pas envie d’attendre pour la voir jouer, donc tant pis pour ceux qui aiment découvrir de jeunes talents pendant les premières parties, on attaque direct. La belle ouvre le bal dans une formation simple : trois musiciens l’accompagnent, qui passent tour à tour aux claviers, à la basse, à la guitare – hormis le batteur, il va sans dire. Ambiance club de jazz des années 50, la fumée en moins, les guitares saturées en plus.

Premier problème, le mixage est minable, tant est si bien que la batterie, notamment, passe très largement au deuxième plan et est littéralement bouffée par les guitares et la voix de PJ. Les chœurs sont inaudibles, hormis pour un seul des trois musiciens, et les deux restants, réduits au silence par un ingénieur du son manifestement à moitié sourd, s’époumoneront en vain pendant toute la durée du set. Sur-abondance d’aigus, les tympans vrillent assez vite face à la puissance vocale de la brunette au timbre d’acier – parfaitement maîtrisé, il faut lui reconnaitre cette qualité.

Mais, plus important et infiniment plus grave, on s’ennuie ferme. Alors que PJ Harvey est connue et reconnue pour sa pêche sur scène, on assiste ici à un triste spectacle, peu enthousiaste. C’est à peine si les spectateurs dodelinent de la tête pendant les morceaux, même s’ils feront un triomphe systématique – et presque pénible de sembler trop forcé – une fois lesdits morceaux terminés. Un triomphe qui aura pour effet bénéfique de masquer le peu de communication entre PJ et son public (elle se contentera d’un timide « thank you » ou « merci beaucoup » de temps à autre) et les interminables minutes de blanc qui séparent chaque chanson.

Ça fait un peu mal de se l’avouer, mais on ressort avec la désagréable impression d’avoir assisté à une répétition, en moins sympa sous bien des aspects. PJ Harvey entame une chanson, se met à chanter, puis s’interrompt au bout d’une bonne minute en expliquant qu’elle a oublié d’accorder sa guitare. Le pianiste lance une mélodie, mais PJ n’est pas prête et ne chante pas. Ça n’est pas grave, il s’arrête et reprend au début. Des incidents qui, pour pas mal d’autres groupes, causeraient les sifflets et quolibets du public. Mais, voyez-vous, PJ est cool.

À 56 euros la place, on était en droit d’attendre un peu mieux qu’un groupe qui répète dans un garage de luxe. Une répétition qui n’aura duré, en tout et pour tout, qu’une maigre heure et demie, à laquelle on peut supprimer quinze bonnes minutes de blanc et de « clap clap » réclamant un rappel beaucoup trop long à venir. Rassurez-vous, ma bonne dame, vous rentrerez juste à temps pour regarder la fin des Césars.

Reste le PJ Harvey écrit en lettres de sang sur la façade légendaire du mythique Olympia. Des lettres pleines de promesses qui ne seront jamais tenues.

PJ Harvey en concert à l’Olympia, boulevard des Capucines, Paris | les 24 et 25 février 2011 à 20h |


A propos de l'auteur

Cédric Le Men
avatar

Issu d’une famille de musiciens, Cédric fonde en 1995 le groupe Zahori, avec lequel il se produit pendant près de 10 ans, avant de se spécialiser dans la réalisation cinématographique à l’ESRA. Il y réalise les courts-métrages "Kaeron" et "Lacrimosa", dont il compose aussi en partie les musiques originales. Plus récemment, Cédric réalise le court métrage "Dieu reconnaîtra les Siens".

12 commentaires sur cet article



  1. avatar
     
    Dextarian

    Clair qu’une heure et demie de repet à 56€, c’est une vraie répét de Luxe :D


  2. avatar
     
    Dimrost

    Arf dire que j’ai failli y aller…

    Elle se fait vieille, la Polly… Puis faut dire que l’olympia n’est pas spécialement renommé pour la qualité du son qu’on y trouve…


  3. avatar
     
    Clint

    Bah une fois de plus, ça dépend du mec derrière la console. J’y ai vu Tom Fogerty y’a pas super longtemps, et le son était largement meilleur : tout sonnait.

    Idem pour NIN y’a quelques années, ça déboitait grave.


  4. avatar
     
    Sylvain

    Cher lecteur, j’ai assisté à ce concert et cet article est d’une mauvaise foi de quelqu’un peu objectif et peut-être blasé.

    Il y a payé 56 € pour une place assise, il a préféré être assis. Or la place dans la fosse était de 50,50 €. Si ce rédacteur voulait bouger son cul sur la musique de PJ ( à l’époque on ne connaissait rien du nouvel album lors de la mise en vente des places en octobre 2010 ), s’il avait été honnête, il aurait du prendre la place de la fosse, il aurait eu la liberté de bouger plus aisément que de rester assis.

    Arrêtons avec le prix des places, le tarif est pratiqué par tous les artistes et tu peux même payer plus cher alors il faut aller arrêter et comparer, tu serais peut-être surpris.

    Quant à la durée, ah la durée pose un problème. Sache que 21 titres ont été joués ce qui est un moyenne normale en nombre de titres pour un concert et que le seul problème avec les deux derniers albums de PJ la durée des morceaux peuvent en moyenne être de 2mn 30 à 3 minutes.

    Le rédacteur exagère et je le trouve bien impatient quand il dit que la durée entre les morceaux est longue. Tu n’es pas honnête, le delai est raisonnable, pas plus que pour un autre artiste.

    Chez rédacteur, de la fosse tu aurais eu une autre opinion. Des gens bougeait de la tête et pas que dodelinaient autour de moi. Il y avait une ambiance peut-être pas trop marquée mais des gens s’exprimaient dans la fosse, il criaient, taper des mains pour marquer le rythme même si je n’aime pas trop ça pour certains morceaux ( pour les anciens morceaux ) et les applaudissements à la fin de chaques morceaux étaient les applaudissements d’un public conquis et non juste des applaudissements polis.

    Et moi, j’ai bougé sur pas mal de chanson puisque la notion de rythme peut-être beaucoup plus subtile qu’un truc pour bourrin.

    Cependant, je regrette un second rappel mais je trouve la setlist bien construite. Il y a eu deux faux départs mais cela reste anecdotiques, cela n’été en rien pénible et puis cela a permis à PJ de plaisanter un peu , c’est sur qu’elle était moins loquace qu’en 2007 qu’au Grand Rex.
    Quant aux faux départs je te trouve bien exigeant, peu patient et tous les artistes se trompent un jour, non?

    Il n’y a pas eu de rappel mais les gens s’il n’avaient pas appréciés seraient-il rester 10 minutes à applaudire et rester, à insister pour le retour de PJ? Une grosse partie du public est resté jusqu’à se résigner mais au bout de longues minutes.

    La présence de caméras signifie-t-elle la sortie d’un DVD, le concert ayant été enregistré.

    Quant au son, faut pas exagérer non plus. Franchement, ta critique reste mauvaise à amplifier des problèmes qui n’ont pas gâcher ce concert mais je ne demande pas non plus une critique idolâtre. J’ai bien aimé cette soirée, le concert fut bon. C’est rare de voir PJ alors autant apprécier le moment.


  5. avatar
     
    Sylvain

    La prochaine fois, c’est Kevin Shields qui sera ingénieur du son et essaira de restituer le son du Zénith comme pour le concert en juillet 2008, peut-être auras-tu une raison de te plaindre ( LOL )


  6. avatar
     
    Clint

    Pour répondre rapidement (je ne vais pas perdre mon temps à répondre aux accusations du genre « tu n’es pas objectif », « tu es de mauvaise foi » etc… question de ressenti) :

    50€ pour une place en fosse, je veux pas dire, mais c’est pas donné non plus. Et ce n’est pas parce que ce sont les prix pratiqués qu’il faut pour autant s’en satisfaire. La différence entre le prix fosse et le prix assis n’était par ailleurs pas énorme. Pour QOTSA en mai, on passe de 38 à 55, c’est déjà mieux. Mais passons.

    Les morceaux du dernier album sont courts donc c’est court ? Avec 10 albums studio, je pense qu’elle a largement de quoi tenir 2h, quitte à jouer 30 chansons au lieu de 20 non ?

    Après, je ne prétends pas détenir la vérité. Tu as aimé le concert, tant mieux. Moi non.


  7. avatar
     
    Dimrost

    Nan, mais après, faut être réaliste, au dessus de, on va dire, 35 euros, c’est une arnaque pour une place de concert.

    A partir de 40euros la place, le public d’un concert, c’est, sauf exception comme Clint, qui est riche (ahah), de gros gros fans d’un artistes, qui sont juste content de venir voir ledit artiste et sont à peu près prêts à tolérer n’importe quoi, sauf extrême (cf. le concert des Guns)
    En gros, quand un public paye 50E, l’artiste pourrait se contenter de faire caca sur une table, ça passe pour une performance. Quand ya un manque de sérieux dans la préparation et le mixage, ça passe pour un concert « lo-fi » voire punk, alors que pour n’importe quel concert à 10-20 euros, on crierait au scandale.

    Bref, PJ fait partie des « vieux » qui font payer cher, et elle est pratiquement excusée d’avance.
    Et, Sylvain, sans vouloir t’offenser, tu semble faire partie de ce genre de public déjà acquis à la cause de l’artiste. C’est pas une attaque, hein, moi aussi, ça m’est arrivé de payer très cher pour aller voir quelqu’un qui me tenait à coeur (et je ne parle pas de la grosse Lulu à l’angle de la rue micheton).

    Bref, le concert j’y étais pas, mais il me semble que Clint est légèrement plus objectif que toi!


  8. avatar
     
    Sylvain

    J’aurais préféré payer moins cher ma place.

    PJ aurait fait une merde en boite, plagiat de cloaca, c’est tout de même de l’art et à 50 euros c’est pas cher.


  9. avatar
     
    Clint

    « c’est tout de même de l’art et à 50 euros c’est pas cher »

    Awé quand même…


  10. avatar
     

    salut.je voudrais deja m’éxcuser pour les fautes d’orthographes que je v faire.bon’le concert en lui méme étais un peu triste.je suis venu de metz pour un live de 1h18 (le soir du 24 fevrier)alors que mon tgv a mis 1h25 pour faire metz-paris est (ha ha).ca fait un peu court le concert.je me r’appelle les autres concerts de pj durée au moins 2 longues heures,c’était il y a quelques années.les temps changes…..remarque,des bons croissants on en trouve plus….les concerts c pareil,la qualitée a serieusement baissé.revenons en a ce fameux ou foireux concert.le son etais moyen,pj n’était pas au top (41 ans)moi non plus dans la salle(37 ans),ont a tous pris un coup de vieux.l’orchestration etait moyenne,les blanc entre les morceaux ….chiantique,je suis un peu decu de la tournure q’ua pris ce concert,un peu glauque,noir et pas rhytmé du tout sauf 2 ou 3 chansons.ce fut une sorte de lot de consolation (valeur 50 euros).cher le lot.je me dis qu’un artiste, si ont regarde un peu toute sa carriére c commez un restaurant,au début c bien,mais au bout de quelques années,on commence un peu a te prendre pour con.(heure usement radiohead il sont toujours aussi bon en live,y’en a d’autres aussi).pour pj harvey ont verra au prochaine album ce que donnera la tournée qui va avec.(pj réveille toi).ca nous révéilleras aussi.en tant que fan de la premiére heure (ca fait 20 ans…d’ou mes 37.)je pense qu’il ne faut pas pleurer ce live,car il y a tellement de nouveaux groupes,nos gouts changent au fur a mesure des années….moi si pj fait pas d’éffort…je n’irais plus la voir et basta…. j’irais voir d’autres groupes.mes plus beaux concerts ont était(noir desir en 1991,pj harvey entre 1993 et 2003,mano negra au parvis de la défense,je ne sais méme plus l’année j’avais 16 ans peut étre,un pti dernier….tricky en premieére partie justement de pj ya longtemp.(plus de 600 groupes a mon actif.david bowie aussi ct trop fort.si pj pouvais suivre la méme ligne,elle nous fouterais le cul en l’air méme dans 20 ans.mais je suis séptique.espérons que…….salut.(fred)


  11. avatar
     

    [...] Il y a des premières parties que l’on n’oublie pas. Death In Vegas en première partie des Chemical Brothers en 1998, par exemple. Joseph Arthur ouvrant pour Ben Harper en 2000. Ou les Blind Boys of Alabama qui illuminaient le Zenith pour Peter Gabriel en 2004. Il n’en est rien de Howling Bells. Le groupe australien basé à Londres, sans être foncièrement mauvais, a bien du mal à faire oublier ses influences et réchauffe tout juste le public. Le batteur joue mou et Juanita Stein, malgré son joli minois et une voix plutôt agréable, ne parvient jamais à faire oublier qu’elle aimerait bien chanter comme PJ Harvey. [...]



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