Le rattrapage des Chronicles of the Gaze 2010: Monster Movie et Les Marquises

Le 17 février 2011 par Mathieu dans Shoegaze

Les Chroniques reviennent ! Et on va en profiter pour parler d’un petit nombre d’albums coups de coeur qui datent de l’année dernière, albums dont je n’avais pu parler pour cause d’absence.

A tout seigneur, tout honneur, on commence par Monster Movie et leur album Everyone Is A Ghost. Christian Savill est l’ancien guitariste de Slowdive et Mojave 3, et il avait eu un petit groupe devenu culte, le temps d’un ep, un groupe appellé Eternal, formé avec Sean Hewson. Les deux se retrouvent en 2000 pour former Monster Movie. En dehors de commander le respect rien que par leur CV, ces deux-là, depuis maintenant dix ans, nous sortent perle sur perle, ce que ne fait que confirmer Everyone Is A Ghost.

On entre dès le début de l’album dans une espèce de synthpop mélancolique avec The World Collapsed, un espèce d’ovni minimaliste pour de faux tout empreint de fausse naïveté et de vraie sincerité. Le début de l’album semble être dans la même veine avec le morceau suivant, Down, Down, Down, jusqu’à ce qu’on se prenne une espèce de claque avec l’apparition d’un folk lancinant dans  How The Dead Live qui n’est pas sans rappeler Mojave 3, ou certains moments de Slowdive, dans un morceau sublime, encore une fois empreint de cette sobriété qui pourrait passer pour du faux minimalisme.

Après ce début, pour le moins déroutant, pour ceux qui ne sont pas familiers avec Monster Movie, les racines shoegaziennes et dreampop du duo reprennent leurs droits avec Bored Beyond Oblivion, le premier single de l’album, une petite perle de noisepop.


Monster MovieBored Beyond Oblivion

Mais bon, très vite, la mélancolie et l’électronique reprennent le dessus, avec le titre-album, Everyone Is A Ghost. En fait, l’album sera fait de ces trois tessitures-là, on oscille toujours entre des morceaux qui sont soit dans la veine noisy qui rappellent les origines des deux membres du groupes, comme le magnifique Silver Knife, soit electro et minimalistes, comme les sublimes Fall ou Help Me Make It Right, ou des ballades carrément folk, comme In The Morning ou A Place In The Moutains, qui clôt l’album de très belle manière, en résumant parfaitement celui-ci: une espèce de tristesse faussement naïve, de simplicité ultra-efficace, qui fait qu’on n’écoute pas cet album entre amis autour d’une pizza, par exemple. C’est chargé en émotions sans être lourd non plus. La symbiose entre la légèreté et l’émotion, tout Monster Movie est dans cet album, des espèces de cousins de Mark Kozelek et Sun Kil Moon, des dépressifs avec le sourire, quoi.

*****

Enfin, j’aimerais vous parler de Les Marquises, composé de deux lyonnais et d’un Kansan, et de leur album, Lost Lost Lost. Je sais pas si vous vous souvenez, il fut un temps où on n’arrêtait pas de nous emmerder avec la « French touch » et pas seulement pour la house, duquel il est parti, mais même dans

un sens plus large. Après, qu’on aime ou qu’on aime pas, c’est vrai que les représentants de ce mouvement étaient quand même pas dégueus, comme Air, Daft Punk, M83 ou Sébastien Tellier, par exemple. Bon, après, c’est sûr que c’est un peu parti en vrille, vu que n’importe quel groupe français qui touchait un peu à l’electro après 2005 était aussitôt adoubé comme messie de la musique.

Mais c’était quoi, d’ailleurs, cette French touch? Peut-être a-t-elle toujours existé, peut-être que des gens comme Gainsbourg, Pierre Henry ou François de Roubaix en étaient déjà les tenants, eux qui se refusaient à se restreindre à un genre, à un style, à des instruments particuliers, eux qui avaient, les premiers, compris le potentiel de l’électronique, et surtout, du métissage musical.

Bref, tout ce (gros) détour pour dire qu’il me semble que la « French touch » n’avait plus tellement de représentants ces derniers temps. Bon, vous vous doutez où je veux en venir.

Lost Lost Lost commence sur Only Ghosts et cet espèce de beat jazzy, d’où arrive une voix haut perchée, puis des cuivres. On se croirait dans un espèce de mélange post-rock de HRSTA, Do Make Say Think et, justement, François de Roubaix.

Et tout l’album est de cet acabit. Un mélange jazzy d’ambiant à la Boards Of Canada, de post-rock lancinant, de mélancolie mêlée de folie façon Sparklehorse (un groupe trop vite oublié) de montées et de descentes, d’arrangements fous, un peu comme si Brian Wilson avait vécu pendant l’ère de l’électronique (oui, je sais, il est encore vivant, Brian Wilson, mais bon…) bref, ce disque est un heureux métissage, un voyage qui justifie la référence plutôt culottée à l’illustre Jacques, et qui signe le retour du talent à la française qui ne s’est fait que trop rare ces dernières années.

Everyone Is A Ghost de Monster Movie est sorti sur le label Graveface, il est disponible un peu partout, et voici le myspace du groupe

Lost Lost Lost de Les Marquises est sorti sur Lost Recordings, voici le site du groupe, sur lequel vous pouvez écouter et acheter l’album.


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Mathieu
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4 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

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  2. avatar
     
    Kali Issac

    very good post i like your work



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