Harry Brown de Daniel Barber

Le 26 janvier 2011 par Guilhem dans Thriller

Notes

Réalisation
85%


Casting
85%


Scénario
85%


Photo
85%


Musique
85%


Intérêt
85%


Total Score
85%

85/ 100

Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique: ,
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 103 minutes
 
Crédit photographique: Surreal Distribution
 
par Guilhem
La critique

Harry Brown aurait pu être un des victimes d’une polémique à la « Inspecteur Harry », accusé lors de sa sortie de prôner la justice personnelle. Mais comme le réalisateur a choisi de représenter la banlieue de façon très réaliste (et quelque peu noire) et en donnant le rôle principal a un retraité, campé par Michael Caine, il évite ainsi l’écueil de voir cataloguer son film comme un vigilante movie, type de films popularisé par Charles Bronson qui se faisait justice soi-même et dont le dernier exemple récent a été donné par Que justice soit faite, sorti au mois de décembre. L’action est ici traitée au premier degré, et le film a été de ce fait plutôt bien reçu en Angleterre, malgré un accueil critique mitigé, ce qui a donc nuit à sa sortie en France. Harry Brown est sorti avec une interdiction aux moins de 18 ans en Angleterre, et aux moins de 17 ans non accompagnés aux États-Unis, à cause des dialogues crus, du sexe, de la violence, et de l’usage de drogue présents dans le film. Ca promet donc.

Ancien marine à la retraite, Harry Brown (Michael Caine) vit dans un quartier difficile de Londres. Témoin de la violence quotidienne engendrée par les trafics de toute sorte, il évite soigneusement toute confrontation et invite son vieil ami Leonard (David Bradley) à en faire de même.

Mais le jour où l’inspectrice Frampton (Emily Mortimer) lui annonce le meurtre de Leonard, Harry, dévasté, ne peut que constater l’impuissance de la police. Un soir, en rentrant du pub, il se retrouve face à un junkie qui le menace d’un couteau. Malgré les effets de l’alcool, Harry retrouve d’anciens réflexes et va peu à peu monter.

Totalement passé inapperçu dans le marasme de sorties actuelles et de grands films qui vont faire plus ou moins la pluie ou le beau temps dans les salles de cinéma, Harry Brown s’insère pourtant dans une veine qui a de grandes chance de  séduire le spectateur. Histoire simple, personnages aux motivations basique et communes, le film ne cherche ni à séduire le spectateur par des effets racoleurs, ni à en mettre plein la vue. C’est ce qui fait son charme et l’ancre dans une certaine tradition du thriller.

Le spectateur s’identifie aisément au personnage principal car même si ce dernier est un marine, il a vieillit et n’a plus du tout la même force et les mêmes réflexes que lors de ces jeunes années. Vivant dans une banlieue sans âme et devant franchir un tunnel sombre pour se rendre de l’autre coté de cette banlieue triste et morne, il doit faire face à des petits caïds sans foi ni loi.

Sujet hautement symbolique et teinté politiquement  autant que socialement (le fameux « mal des banlieues » et ses multiples conséquences ressassés par les médias à longueur d’année), Harry Brown ne cherche pourtant pas à en faire des caisses. Caine cherche à se venger mais pas seulement puisqu’il se retrouve peu à peu au centre d’une histoire qui est trop grosse pour lui et dont il va réussir à s’extirper peu à peu.

Les séquences principales mises en scènes par Daniel Barber sont ainsi traitées sans compassion et sans regard critique, narrant simplement une histoire banale et ses possibles conséquences, pour peu qu’une personne fasse le ménage (alors que ce n’était pas son but, au départ). Le réalisateur, dont c’est le premier long-métrage, a cherché la simplicité et l’a très bien fait, dans un univers très réaliste. On s’y croit d’autant plus que la plupart des figurants ne sont pas des acteurs professionnels et sont effectivement des banlieusards. Jouer dans ce film ne leur a pas, apparemment, posé de problèmes.

Si les séquences du tunnel sont importantes, c’est qu’elles marquent autant le début du film que sa fin, comme dans un court-métrage où l’on part d’un point pour finir sur ce point. C’est ici le même procédé. Les acteurs étant dans leurs personnages, Harry Brown est intéressant à voir, sans aller jusqu’à plaisant puisque la brutalité de certaines séquences ne nous permet pas toujours une certaine distance. Mais c’est ce qui fait la force de ce film très anglais, dont les problèmes rencontrés par les personnages peuvent trouver un écho dans notre pays. Et c’est en cela que l’identification se fait. Avec une mise en scène sobre et efficace, un Michael Caine encore vert et des seconds rôles travaillés, dont celui d’Emily Mortimer, Harry Brown mérite assurément le coup d’œil.


A propos de l'auteur

Guilhem
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4 commentaires sur cet article



  1. Profile photo of Elise J.
     

    Ça me fait penser à un nouveau Gran Torino non ?


  2. avatar
     
    Q.

    Qu’est ce qu’ils ont tous à poser avec des pistolets sur leur affiche de film ? Parce que entre Harry Brown et Largo Winch bah y’en a marre !


  3. avatar
     

    [...] [↩]On peut citer ici l’excellent Sean Harris (The Borgia et le dealer mémorable dans Harry Brown), qui traque l’équipe de randonneurs, Alec Newman (vu dans Killer Hacker et Black Water), Karel [...]


  4. avatar
     
    Dextarian

    C’est plutôt un vigilante movie qu’un Gran Torino (qui développe pas mal de thèmes que celui de ce film). La finalité de Harry Brown est légèrement différente.



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