Que justice soit faite de F. Gary Gray

Le 22 décembre 2010 par Guilhem dans Action

Notes

Réalisation
45%


Casting
70%


Scénario
40%


Photo
70%


Musique
40%


Intérêt
45%


Total Score
52%

52/ 100

Genre: , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 108 minutes
 
Titre original: Law Abiding Citizen
 
Crédit photographique: Wild Bunch Distribution
 
par Guilhem
La critique

Sorti aux États-Unis en octobre 2009,  Law Abiding Citizen (que l’on peut traduire en français par Un citoyen respectueux de la loi, le verbe to abide signifiant, entre autres, to submit to, c’est-à-dire « se soumettre à » ) a mis du temps à débarquer en France. Ca sentirai presque le fond de tiroir. Il faut dire que genre du « vigilante movie » ou film d’auto-défense, a connu un grand succès dans les années 1970/80 et un peu moins depuis, même si des blockbuster comme le Punisher ont tenté de le refaire revivre (et des films comme A vif, avec une étonnante Jodie Foster ou encore Death Sentence sortis tous deux en 2008). Que justice soit faite s’inscrit donc dans cette longue lignée de vigilante movie, et comme les autres, est tout autant réactionnaire. Ce genre aura donc toujours ses détracteurs, quelque soit la mise en scène et l’histoire. Mais le problème de Que justice soit faite, c’est qu’il est juste mauvais et nous renvoi à surtout à des bas instincts sans strictement rien n’apporter de plus à un genre complètement moribond.

Clyde Shelton (Gerard Butler) assiste au meurtre et au viol de sa femme et de sa fille. Le jeune procureur chargé de l’affaire, Nick Rice (Jamie Foxx), est contraint d’offrir une légère sentence à l’un des suspects en échange de son témoignage contre l’autre suspect.
Dix ans plus tard, Shelton réclame une vraie justice et s’oppose au procureur en charge du procès des meurtriers. Il veut aussi que la justice soit équitable et juste envers tous.

Pour faire souffrir au maximum l’un des violeurs, Shelton modifie le système servant à l’injection létale. Par la suite, il enlève l’autre violeur et le coupe en morceaux, tout en s’assurant qu’il souffre au maximum.
Emprisonné sur soupçons, Shelton parviendra à se venger de différents notables judiciaires. Sa vengeance menace tout aussi bien l’homme qui leur a accordé la clémence, que le système et la ville elle-même.

Que justice soit faite partait déjà mal. Il faut dire que le scénariste du film n’est autre Kurt Wimmer, réalisateur du surestimé Equilibrium mais aussi d’Ultraviolet, une boussasse infâme. Il a également écrit le scénario de Salt, ce qui vous pose un peu l’homme. Rajoutez à cela que le réalisateur, F. Gary Gray n’a plus rien fait d’à peu près potable depuis Braquage à l’italienne (son Be Coolest totalement insipide) et vous avez déjà un aperçu du niveau sacrément élevé de talent qui se dégage. Mais si le film s’est fait, c’est parce que Butler voulait sûrement s’amuser un peu et roder sa société de production, Evil Twins.

Que justice soit faite tente donc de nous montrer que le système judiciaire est totalement inadéquat, que les salauds courent toujours quand les gentils se font buter dans la rue. C’est toujours le même propos pour ce type de film mais comme il fallait un peu innover, on a donc droit surtout ici à une petite boucherie de la part du personnage principal, qui n’hésite pas à faire souffrir de manière plus que conséquences les meurtriers de sa famille. Il veut que justice, sa propre justice, soit faite et non celle de la société (ce que tout le monde oublie mais bon, on n’est plus à ça près maintenant, dans une société ou l’individu doit forcément primer sur le collectif) et par conséquent, tout est bon ici.

Et comme il ne s’arrête pas là, du haut de sa prison, il continue à flinguer un peu tous les gens plus ou moins responsables de prêt ou de loin de sa situation. On passe donc d’une simple vengeance personnelle à la remise en cause du système, en buttant les uns et les autres. Et oui, il faut faire de la surenchère parce que c’est un peu ça le XXIe siècle au cinéma : si on n’en met pas plein la vue, on s’ennuie. Donc ce brave Butler, sans aucune morale, flingue et bute à tout va.

Le propos de Que justice soit faite est donc simpliste à l’extrême, ce qui ne serait pas dérangeant en soi si la réalisation, la mise en scène et l’histoire suivent. Mais c’est loin d’être le cas, déjà parce que le scénario est d’une improbabilité hallucinante, ensuite parce que la mise en scène est d’une platitude sans nom (Gary Gray n’est pas non plus le meilleur réalisateur américain qui soit, il faut bien le dire) et les personnages sont livrés à eux-mêmes, avec un Butler qui en fait des tonnes et qui est de tous les plans, mettant en avant son jeu découvert pour la plupart des  spectateurs dans 300,  reléguant Jamie Foxx au rang de faire valoir même si la morale de tout cela sera quand même un peu sauve.

Le film de F. Gary Gray ne fait donc pas vraiment avancer le schmilblick. On est même loin d’un Death Sentence qui avait pour lui de voir un personnage torturé, qui souffrait physiquement autant que mentalement et incarné par un Kevin Bacon des grands jours. Ici, tout est trop propre, trop esthétique et même A Vif avait une touche plus crédible (même si le propos était lui aussi contestable). Que justice soit faite aurait surtout gagné à ne sortir qu’en vidéo et plaire aux quelques amateurs du genre.


A propos de l'auteur

Guilhem
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Créateur du site. Et accessoirement d'autres casquettes et rôles (beaucoup). Envoyez un mail à guilhem@cadependdesjours.com pour toute demande, question, suggestion ou demande plus formelle (courrier des lecteurs accepté aussi).

3 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

    [...] Bronson qui se faisait justice soi-même et dont le dernier exemple récent a été donné par Que justice soit faite, sorti au mois de décembre. L’action est ici traitée au premier degré, et le film a été [...]


  2. avatar
     

    [...] crédibilité (il faut dire que Kurt Wimmer a un peu perdu la main avec son Ultraviolet ou encore Que justice soit faite…) mais qu’importe, on va dire que le but était de faire une Jasonette Bournette. Et c’est [...]


  3. avatar
     

    [...] ou moins romantiques (L’abominable vérité) et les films d’action (RockNRolla, Ultimate game, Que justice soit faite). De son coté Aniston, qui fait toujours un peu le même rôle quel que soit le film (ce qui est [...]



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