Au niveau de la dynamique des scènes de combats spatiaux de la première trilogie, Lucas a très vite avoué s’être inspiré de nombreux films de la seconde guerre mondiale, pris à l’intérieur des avions, pour utiliser les dynamiques de ces reportage « live » et les faire ressortir dans son film. Ceci expliquant le fait qu’on ait une impression de familiarité avec les images puisque la plupart des gens ont vu des films datant de la seconde guerre mondiale, que ce soit quand on voit courir les soldats sur le tarmac avant le décollage, les pilotes saluer avant d’entrer dans le cockpit, l’intérieur du cockpit du gunner d’un B-17, la coupe des uniformes japonais, le gris des uniformes allemands, j’en passe et des meilleures…

b17-nose-gunner-cockpit

ça ne vous rappelle vraiment rien ?

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ça non plus ?

Du coup, on est dans une fausse esthétique futuriste. Là où la plupart des films de science fiction inventent une esthétique basée sur une projection hasardeuse des dernières tendances à la mode au moment du lancement du film, Star Wars fait le contraire et fait (en partie seulement) appel à des images venues du passée mais de façon indirecte. C’est ce qui rend l’ensemble atemporel et plus facile à accepter. Les machines ne fonctionnent pas bien, le mécanisme est apparent, c’est rouillé, c’est sale, c’est usé, et on pense tout de suite aux avions biplans, aux premières voitures, aux garages, à la mécanique. Même pour sa seconde trilogie, Lucas a continué cette inspiration en puisant les lignes de plusieurs véhicules dans les carrosseries des voitures des années 50/70 et dans les avions de la seconde guerre mondiale et des années 50 à 60.

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Vaisseau du Géneral Grievous

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Messerschmidt Bf109

La règle est valable pour à peu prêt tous les costumes, toutes les armures, tous ces petits détails visuels qui permettent de savoir tout de suite d’où vient un personnage tout en restant dans de l’anticipation. Les extra-terrestres notamment, ont très souvent des inspirations ethniques marquées, ce qui fait qu’ils apparaissent comme « exotiques », mais pas sortis de nulle part. Et ce poids de l’inconscient collectif colporté par les costumes, les accessoires et les décors est énorme sur la façon dont on se prend au jeu dès le premier visionnage. Aujourd’hui ce genre de clin d’œil est évident dans de nombreux films (la minisérie Dune a bien plus joué cette corde que le film de Lynch par exemple), mais il faut voir qu’à l’époque de la sortie de Star Wars Episode IV : A New Hope, on avait Flash Gordon et ses hommes volants avec des casques et des grosses moustaches (non je n’aime pas Flash Gordon du tout, mais il me fait toujours autant rire).

Bien entendu, à l’inverse, les coupes de cheveux et les vêtements typiquement 70’s (Lando Calrissian pour ne pas le nommer…) sont légions mais parce que mélangés à une foultitude d’autres détails (celui que je préfère est le pantalon de Han Solo, inspiré de la cavalerie américaine du XIX° siècle et son look de cowboy), finissent par donner un style « autre » dans lequel on se repère toujours aussi facilement même trente ans après la sortie du film.

Crédits photographique : DR