J’ai enfin réussi à voir Avatar, après deux tentatives avortées, qui m’ont fait voir d’un côté [REC] 2 et Salomon Kane et de l’autre RTT ((que l’on peut chaudement recommandé à tout ceux qui aiment le cinéma des années 20.)). Que dire sur ce film qui n’a pas déjà été dit par tous les journalistes, les sites plus ou moins pro, les gens qui ont un avis sur tout et enfin, les bloggers, nouveaux chroniqueurs des temps modernes? J’avoue que je n’ai pas la réponse à cette question… Mais je vais quand même dire des choses.

Malgré sa paralysie des jambes, Jake Sully (Sam Worthington) ((qui a la côte ces temps-ci, entre Terminator – Renaissance et Le Choc des Titans.)), un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Parce qu’il est le frère jumeau d’un chercheur, il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de méchants et puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre, ravagé par des siècles de pollution. Comme l’atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, qui sont obligés de porter un masque chaque fois qu’ils tentent une sortie à l’extérieur, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des  » pilotes  » humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora.

Sous sa forme d’avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d’infiltration auprès des Na’vi, devenus un obstacle trop conséquent à l’exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri (Zoe Saldana), une très belle Na’vi, sauve la vie de Jake…

Ainsi, le nouveau film de Cameron, qui n’avait plus tourner depuis plus de 11 ans, s’est lancé le pari fou de faire encore des prouesses techniques, comme pour Terminator 2 en son temps et comme pour le Titanic. Avatar n’échappe donc pas à la règle, bénéficiant de pas mal d’innovations que je serais bien incapable de décrire mais qui ont l’air de plaire à ceux qui savent, les purs et les durs de la technologie. Je crois qu’il y a de la motion capture vidéo (mais ça, ça a pas l’air bien nouveau), de la 3D encore plus améliorée qui ne fait pas mal aux yeux (ce qui est totalement faux, soit dit en passant, vu que j’ai eu un léger mal de crâne à la sortie de la projection).

Avatar est un vrai film « Cameronien ». Pire, c’est du pur recyclage comme il faut de tout ce qu’il a semé un peu partout auparavant, entre les exo-squelettes qui étaient déjà présents dans Aliens (certes largement bien mieux amélioré depuis, cela va de soi), l’incompréhension des être humains vis-à-vis de ce qu’ils ne connaissent pas, comme dans Abyss (enfin, une des fins d’Abyss vu qu’il y en a plusieurs et que je ne me souviens jamais laquelle est l’originale et laquelle est l’alternative), un personnage paumé dans son univers qui va aller en trouver un (bon là, le parallèle est un peu plus dur, il faut dire que Cameron s’intéresse en général plus à l’accomplissement de la Femme qu’à celui de l’homme, ce qui est peut-être un changement ici).

Sinon, le film, c’est une relecture Science fictionesque de ce qu’il aurait été bien cool de faire à l’époque de la colonisation de l’Amérique du Nord, ni plus ni moins. Mélangé à ce qui s’est passé, bien entendu, en Amérique du Sud et centrale. Le gentil Cowboy qui va découvrir que les Autres sont pas si mauvais que ça et que sa mission première pue du cul. Ce thème, qui a connu un certain succès aux Etats-Unis il y a quelques décennies (je me souviens plus du FILM de référence mais dès que je l’ai, je le met, promis).Et en faisant un autre parallèle, le Nouveau Monde de Terence Malick montre très bien ce qu’on fait les colons avec les indiens ou les natives.

De ce point de vue, le nouveau long métrage de James Cameron n’innove pas un brin, l’histoire étant toujours une perpétuelle quête de vraies racines (ça, c’est Terminator 2, par contre, avec le monologue de Sarah Connor lorsqu’elle voit son gamin s’amuser avec son seul ami, un robot ou encore Rose, l’héroïne de Titanic, qui ne sent pas à la place qui devrait être la sienne jusqu’à ce qu’elle rencontre Jack).

Mais si Avatar n’est pas typiquement un film « caméronien », c’est qu’il manque l’essentiel : le combat de la femme contre les machines, en se servant de la force d’un homme pour s’accomplir. On ne peut pas vraiment dire que ça soit le cas ici ou alors de manière beaucoup plus diffuse que dans les deux Terminator, Aliens et Titanic. La place réservée à la femme est mise de côté au profit d’un homme paraplégique, qui suscite beaucoup plus l’émotion du spectateur par son impossibilité à se déplacer (quoique cette scène soit assez rapidement évacuée, au final).

Question technique, rien à dire. On est toujours dans un progrès certain par rapport aux autres productions du genre, même si l’effet 3D lasse à partir d’un moment et que surtout, pas mal de scènes sont beaucoup moins bien travaillées sur ce plan là que d’autres. Sans compter également ce flou qui entoure les plans, insistant sur le cœur du plan au détriment du reste. C’est assez ennuyeux. L’autre gros point faible au niveau formel est l’absence de belles photographie, la faute aux lunettes 3D qui assombrissent vraiment l’image, donnant certes l’illusion de 3D mais en palissant trop ce qui faisait la touche Cameron. D’ailleurs, en les enlevant, on retrouve cette pâte au niveau de la photo assez caractéristique.

L’histoire d’Avatar est bof. Encore une énième variation sur l’écologie et la protection d’un éco-système (quand on sait qu’Avatar est le film le plus cher de l’histoire et que tout ce pognon aurait pu justement servir à autre chose que de faire joujou sur des écrans, on sent bien l’ironie de l’intrigue mais bon, le thème est cher au réalisateur, ce n’est pas non plus une nouveauté). L’action est donc très lente, mais c’est normal puisque le personnage principal change d’univers. Bon nombres de films sont déjà passés par là, comme par exemple Danse avec les loups (mais c’est une récurrence, je vous l’avais dit, dans le cinéma américain, les changements d’univers). On suit donc le parcours initiatique du héros qui va apprendre à connaitre un peuple peint en bleu et qui se baladent à poil et, à force, va se lier d’amitié, d’amour et combattre pour la survie ce de peuple.

Si Avatar est un film bien américain, ce n’est pas seulement donc pour l’histoire des Cow Boys et des indiens, mais que c’est comme cela que c’est constituée la nation américaine, en foutant les anglais dehors pour être libre. Ce message, universel, transpire donc de tous les plans dans ce gentil petit film des familles (c’est un film que les petits enfants vont voir et c’est fait pour eux, je dirais, vraiment pour eux).

On est donc ici loin des thématiques de « pas de destin » des Terminator ou le fait que le héros doit clamser pour que vive l’ancien monde. C’est ici plus optimiste, un peu trop même. En effet, il fait partie de ce nouveau monde ou plutôt de cet ancien nouveau monde. Le monde de Pandora est certes très joli mais un peu peu trop clairement coloré. A croire que tous les peuples lointains, habitants sur des terres lointaines boivent tous de l’energy drink vert ou jaune fluo et voient le monde différemment. Mais c’est comme ça quand on est un extra-terrestre, on voit pas la vie pareil.

C’est donc une ode à la liberté, une ode à l’universalité, une ode au peuple de pouvoir disposer d’eux-mêmes. Des thèmes trop souvent bafoués par les temps qui courent mais qui donnent toujours du cœur à l’ouvrage. Le film a plus à la salle, qui a applaudit comme il se doit au générique final,  comme souvent pour communiquer une émotion certaine, malgré l’absence de quiconque pour recevoir les applaudissements. Pour ma part, j’irai me réfugier dans d’autres films. Il est bien foutu, on joue bien avec les espèces de dragons, les messieurs en bleu sont bien fait, les combats sont renversants, l’impression de planer à certains moments est réelle. Mais tout ça sent encore bien le factice, malgré ce que certains peuvent en penser. Ça reste toujours une bonne expérience de cinéma, déjà partagée, de toute manière, par plus de 5 millions de spectateurs à l’heure actuelle.