District 9 de Neill Blomkamp arrive donc enfin en France, après avoir déjà eu le privilège d’être disponibles dans toutes les bonnes salles de ciné aux États-Unis. A l’origine un court métrage, ce premier film de Blomkamp, jeune réalisateur de 30 ans, a bénéficié du privilège d’être produit par Peter Jackson, ce qui a permis un budget relativement confortable pour développer son histoire…


Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre. Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire.

Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert.

L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9

Voilà, avec cette histoire résumée, vous savez tout du film puisque ça ne va pas plus loin. Mais District 9 présente plusieurs particularités intrigantes qui en constitue le fond dans la première partie du film. Déjà l’action se déroule en Afrique du Sud, à Johannesbourg, comme son Court métrage, Alive in Joburg :

http://www.youtube.com/v/YZ1vHRs_EOs&hl=fr&fs=1&
Alive in Joburg – 2005

Vous l’aurez vu et compris, beaucoup de choses présentes dans Alive in Joburg ont été reprises dans le long métrage, pour en faire quelque chose de plus consistant et percutant. Enfin presque. Parce qu’autant le dire, le scénario (non pas l’histoire, le scénario) est une bonne resucée de pas mal de trucs déjà pondu par le passé sur le principe de l’arroseur arrosé, dont là, de suite le seul exemple qui me vient en tête est Judge Dredd. Vous savez, le flic donc le gimmick est « la loi c’est moi! » et qui se retrouve de l’autre côté de la barrière à un moment du film. Et bien, c’est la même chose ici et on se retrouve donc à suivre un mec qui s’en foutait comme de l’an 40 de ces Aliens, sorte de mollusques géants et qui se retrouve comme eux, traqué, épié et terrorisé. La bonne idée a été en fait de ne pas en faire un super héros, comme les productions américaines d’action des années 80 et 90 mais un bonhomme normal qui a peur. Sauf que ce n’est pas très original.

Quant au fond du film. Le fond est intriguant. Les Aliens sont perdus, rejetés parce que différents, mis en ban de la société. Cela renvoi bien sûr à l’histoire de l’Afrique du Sud et son Apartheid, la ségrégation raciale qui sévissait dans ce pays. Là, Blomkamp se sert des aliens comme catalyseurs de cette ségrégation. Et autant dire que le début de District 9 fonctionne sur ce principe. On suit en effet une équipe de journalistes à travers les rues, les immeubles de Johannesbourg, les bidonvilles qui font partie intégrante du décor et à travers les témoignages des différents habitants, on ressent le rejet de ces créatures. Le début est donc filmé façon documentaire, caméra à l’épaule et en vue subjective, principe maintenant à la mode depuis quelques années, entre les films d’horreurs (Blair witch, [REC] et son remake de merdeEn Quarantaine, Diary of The Dead) les films de SF (le toujours très surestimé Cloverfield) ou encore les films de guerre en Irak (Redacted pour ceux qui ne suivent pas, au fond).

On commence donc à être habitué à ce type d’images et Blomkamp le sait. D’où une chose encore plus efficace : l’intégration de ces aliens à presque chaque plan au début. Car on les voit ces espèces de poulpes géants munis de longues gambettes. Et ils sont super bien réalisés. Ils essayent de survivre, mangent ce qu’ils peuvent, se taire dans leurs maisons fait de bric et de broc et n’ont plus d’utilité pour ces humains avides de comprendre le fonctionnement de leurs armes. Ce qui pour un budget de 30 millions de dollars, constitue un petit exploit. Mais vu son court métrage, c’est surtout une belle continuité.

Le seul problème, c’est que progressivement, ce qui faisait le charme de District 9 s’épuise petit à petit pour retomber sur un banal film d’action, certes bien réalisé et très joli au niveau des effets spéciaux, comme je l’ai déjà dit, mais qui n’est pas non plus sensationnel. Le fond du film (ségrégation, mise à l’écart pure et simple, sentiment de puissance envers ces primo arrivants, arrogance, impossibilité pour ces aliens de repartir chez eux après des années à errer sur la terre) n’est plus qu’une toile de fond propice à un gros déploiement d’effets spéciaux vers la fin (la séquence de l’armure est quand même bien époustouflante).