Batman Begins de Christopher Nolan

Le 15 juin 2008 par Mathieu dans Action

Notes

Réalisation
90%


Casting
90%


Scénario
80%


Photo
90%


Musique
80%


Intérêt
85%


Total Score
86%

86/ 100

Genre: , , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
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Photographie:
 
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Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 139 minutes
 
Titre original: Batman Begins
 
Crédit photographique: Warner Bros. France
 
par Mathieu
La critique

Pas loin de dix ans après le Batman & Robin de Joel Schumacher, Warner nous ressort (enfin) un film sur Le Chevalier Noir, mais cette fois-ci avec le réalisateur Christopher Nolan, auteur du déjà culte Memento et d’Insomnia, un film de commande comme on aimerait en voir plus souvent. Après le cirque Burtonien et le kitsch de Schumacher, quelle nouvelle direction peut prendre un reboot, comme on dit maintenant, de la franchise Batman ?


Bruce Wayne, héritier de la famille la plus riche de Gotham City, a subi un drame lorsqu’il était enfant: dans l’un des coupe-gorge de la ville, infestée par le crime et la misère, ses parents se sont fait abattre par un homme qui tentait de les racketter. Bruce décide alors de mener sa propre croisade contre le crime, aidé par Alfred, son majordome, et Lucius Fox, un inventeur de génie.

Après Joel Schumacher, remettre à neuf les films Batman semble s’imposer. Mais que dire dans un film de Batman qui n’ai pas déjà été dit dans ceux de Burton, dont le Joker de Jack Nicholson et la Catwoman de Michelle Pfeiffer sont encore dans toutes les têtes ? Confier en plus ce super-héros à un jeune réalisateur comme Christopher Nolan peut aussi sembler un pari, car on ne peut pas vraiment dire qu’il a jusqu’ici réalisé de vrai film d’action comme on suppose qu’un Batman doit l’être. Dès le début, Nolan expédie la tragédie fondatrice du héros que tout le monde connaît, comme pour s’en débarasser au plus vite, mais d’entrée, il place le film sur le terrain de la phobie et de la peur1, et on reconnaît là le réalisateur de Memento, qui cherche tout de suite à créer un schéma narratif qui permet de rationaliser les décisions des personnages (et du personnage principal en particulier). Car c’est là le credo du Batman version Nolan: le réalisme. Ou comment faire croire aux spectateurs à ce qui se passerait si un vrai milliardaire fou et traumatisé décidait de combattre le crime tout seul ?

Tout est dans le Begins du titre. On voit ici l’initiation du jeune Bruce, sa transformation en Batman, petit à petit. Contrairement aux films précédents, où le Batman était comme un produit fini, tel quel, on voit Bruce Wayne aller à l’école des ninjas, apprendre la vie, loin de Gotham, construire son costume, sa batcave, apprendre à façonner des gadgets qui peuvent le servir dans sa croisade, et, le résultat, c’est qu’on y croit. Contrairement aux Batmans version Michael Keaton, Val Kilmer ou George Clooney, le Batman version Christian Bale fait peur. On sent qu’il est capable, déjà, de péter la gueule à quasiment n’importe qui, et surtout, son traumatisme devient ce qui le guide plutôt qu’un prétexte qui sert à faire naître le héros.

Ce qui change aussi, c’est la manière dont les autres personnages sont représentés. Les figures bien connues du Commissaire Gordon ou d’Alfred, le majordome de Bruce sont bien sûr présentes, mais étaient plutôt anecdotiques dans les films précédents. Ici, ils ont leur part à jouer dans le développement du héros, dans sa naissance. Quand on ajoute à ça le fait qu’ils sont joués par Gary Oldman (pour Gordon) et par Sir Michael Caine, l’homme le plus classe du monde (pour Alfred) ça montre la volonté de ne pas laisser ces personnages au rang de meubles de la mythologie batmanienne. Car tout le casting est de cet acabit. Les méchants sont joués par Liam Neeson, Cillian Murphy, Rutger Hauer2 et Tom Wilkinson, une magnifique brochette, qui montre à quel point Nolan ne veut pas confier les seconds rôles à n’importe qui, une philosophie old school dans le cinéma qui s’est perdue depuis un moment, maintenant. Seul point noir du casting, Katie Holmes, niaise à souhait, dont le personnage est intéressant mais qui est juste à baffer.

Ce qui est frappant, aussi, c’est de voir à quel point le but de Nolan a été de créer une ambiance. Dans les films de Burton, dès le début, on est happé par l’esthétique gothique de la ville, dans ceux de Schumacher, par le mélange de noir et de fluo (ce qui, quoiqu’on en dise, reste une identité en matière d’esthétique). Ici, encore une fois, le but est de plonger le spectateur dans le réalisme. Gotham City n’a donc pas été créée de toute pièce, mais filmée en Angleterre et à Chicago, et si le Gotham de jour ressemble à l’idée qu’on se fait de n’importe quelle grande ville américaine, le Gotham de nuit, lui, devient une sorte de personnage à part entière, terrain de jeu et d’apprentissage du Batman. Seule fausse note un peu étrange, c’est qu’au milieu de tout ce réalisme, certaines scènes (surtout vers la fin) sont tournées dans des décors qui sonnent faux comparés au reste du film.

On peut aussi regretter certains passages un peu attendus, comme l’issue du combat final, ou les tergiversation de Bruce Wayne avec son love-interest de cet épisode-là, ou un passage un peu psychédélique qui casse l’ambiance de réalisme du reste du film. Mais au final, ce qui compte c’est que même en y allant avec appréhension, on voit un Batman qui apporte quelque chose de nouveau à la série, dans un ton nouveau, en remettant le héros au centre de tout. On attend maintenant de pied ferme le prochain film, dans lequel on trouvera le Joker face à Batman.

  1. Ici, la peur du jeune Bruce pour les chauve-souris []
  2. Mais si, le méchant peroxydé de Blade Runner! []

A propos de l'auteur

Mathieu
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10 commentaires sur cet article



  1. avatar
     

    [...] une parodie qui leur est exclusivement dédiée. C’est ainsi que des films comme Spider-Man, Batman Begins, X-Men et Les 4 Fantastiques en prennent pour leur grade tout au long du celui-ci.Super héros movie [...]


  2. avatar
     

    [...] finalement amoureux et concevront John lors d’une nuit d’ébats passionnés. [↩]Les Batman Begins et autres X-Men Origins : Wolverine ne font que l’attester. [↩]L’histoire raconte qu’il [...]


  3. avatar
     

    [...] a attendu très longtemps pour faire ce film, préférant gagner du crédit avec ses Batman, Begins et Dark Knight afin d’avoir les moyens nécessaires à la réalisation [...]


  4. avatar
     

    [...] et surtout du réalisateur (les deux Benjamin Gates) emprunte des partitions à Hans Zimmer dans Batman Begins (mais peut-on lui en vouloir lorsque l’on sait que cette musique et celle de sa suite a [...]


  5. avatar
     

    [...] qu’autre chose. [↩]Grâce à ses rôles dans Star Wars, Batman Begins, Taken, Le Choc des Titans et le récent Agence tous risques. [...]


  6. avatar
     

    [...] Après trois ans d’attente, un Batman Begins imparfait mais très prometteur, et un buzz sur le net emmené de main de maître par la Warner [...]


  7. avatar
     

    [...] retrouve Batman peu après Batman Begins. Sa croisade contre le crime est en passe d’être un succès, les rues de Gotham sont de plus [...]


  8. avatar
     

    [...] 2011. En effet, les deux plus gros importants succès de ces dernières années, à savoir les deux Batman et les deux Iron Man ont laissé des traces et ça se voit. C’est en effet un mélange pas [...]


  9. avatar
     

    [...] n’en demande pas tant. Car, si le génial Christopher Nolan est parvenu sans mal, avec son Batman Begins et surtout son fabuleux Dark Knight, à faire oublier celui de Tim Burton et les précédents, on [...]


  10. avatar
     

    […] Taylor-Johnson, Elisabeth Olsen (Martha Marcy May Marlene et Silent House), Ken Watanabe (Batman Begins, Lettres d’Iwo Jima et Inception), ainsi que Juliette Binoche, campant ainsi (comme Jean Reno […]



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