Cet article a été écrit en 2003, longtemps avant la mort d’Heath Ledger et sa reconnaissance médiatique depuis son rôle magistral du joker dans The Dark Night. Depuis, le réalisateur, Brian Helgeland et les autres membres de cette production ont fait leur bonhomme de chemin à Hollywood. Avec Chevalier, nous avons droit à un pari atypique et un peu risqué : un film de chevalier sauce hollywoodienne et en guitare électrique et en morceaux de rock’n roll. Voilà en substance le canevas de Chevalier (A Knight’s Tale en version originale), un film anachronique de Brian Helgeland flirtant sur le mythe toujours vivant du chevalier sorti en 2001.

En Europe, au XIVe siècle, William Thatcher (Heath Ledger) est un modeste écuyer qui a un don inné pour l’équitation et les combats de joute, un talent qu’il décide d’exploiter après la mort de son maître. Mais ne concoure pas qui veut dans les tournois, il faut en effet être un noble. Qu’a cela ne tienne, Willaim prend alors l’identité de son défunt seigneur et part sur les routes de France avec ses compagnons Roland (Mark Addy) et Wat (Alan Tudyk). En chemin, William rencontre Geoffrey Chaucer (Paul Bettany), un écrivain errant qui lui fabrique de faux papiers. Ces documents falsifiés lui permettent de participer aux tournois disputés par les plus grands chevaliers.

En peu de temps, il se fait remarquer par son agilité et multiplie les victoires. Il attire également l’attention de la belle Jocelyn (Shannyn Sossamon) et, malheureusement, du redoutable comte Adhemar (Rufus Sewell). Ce dernier est jaloux de son succès et compte bien y mettre un terme. Sewell s’éclate d’ailleurs pas mal dans son rôle.

Agréablement surpris par Chevalier, surtout grâce à la présence de Heath Ledger, en passe de devenir la nouvelle coqueluche dans le métier et auprès des fans, qui trimbale ici son air naïf et évidemment chevaleresque. Il est vrai qu’avec des films comme 10 Bonnes raisons de te larguer, il y avait de quoi redorer son blason d’acteur ayant les dents longues et des choses à prouver.

Bon, la première c’est le rock ‘n roll attitude. Du rock au moyen âge, il fallait oser et Helgeland l’a fait. Brian Helgeland est surtout connu pour ses qualités de scénariste. Avant Chevalier, Helgeland a réalisé le remakee du cultissime Payback et a écrit les scénario de The Postman (devenu mythique, maintenant) ou encore L.A. Confidential.

Le résultat est assez surprenant de prime abord mais on s’y habitue assez vite et on apprécie même le résultat. Chevalier est un bon petit film, pour l’ambiance moyenâgeuse (et revisitée ici bien sûr) et les histoires simples sans chichi, sans prise de tête, un petit moment de détente sympathique en se plongeant dans l’univers des chevaliers et de leurs facéties pour être sommet.

En plus, et pour ne pas gâcher le tableau, les bonus inclus dans le DVD sont nombreux, particulièrement les scènes coupées aux montages qui montre ce qu’aurait pu devenir vraiment le film s’il ne fallait pas respecter le sacro saint format du quatre vingt dix minutes imposé par les producteurs pour bénéficier de plus de séances par jour. C’est même ces petites scènes coupées qui éclaircissent certains points du film qui sont obscurs (même s’ils sont peu nombreux tout de même).