J’ai eu l’occasion de voir récemment Nue propriété, le film du réalisateur Joachim Lafosse dont il a coécrit le scénario avec François Pirot. L’un des principales choses sur le plan technique qui surprend est que le film est tournée en image fixe. C’est souvent un parti pris quand les délais de tournages sont court, tout comme également une caractéristique d’un certain cinéma d’auteur. Comme le cinéma Belge n’est pas autant sponsorisé que le cinéma français, avec notre cher CNC, on peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas un mélange des deux.


Quand leur mère décide de vendre la maison familiale, Thierry et François réalisent qu’ils vont devoir vivre leur vie d’adulte. Leur relation fusionnelle va alors se transformer en guerre fratricide sous les yeux impuissants de leur mère, jusqu’au drame inévitable…

C’est donc une petite tragédie qui se déroule devant nos yeux dans Nue Propriété. Des tensions entre membres de la même famille, de plus en plus perceptibles, jusqu’à l’écaltement final. Si l’oeuvre de Lafosse a du mal se mettre en place, jouant sur des petites touches successives de bons et moins moments passés entre les deux frères, le conflit est pourtant là.

La tension monte peu à peu, même si le final est malheureusement un peu trop prévisible. Bref, un film qui ne restera pas dans les mémoires tellement tout est trop bien amené pour que le spectateur ne puisse pas imaginer autre chose qu’un bouleversant retournement de situation. Mais ce n’est pas le but, l’histoire. C’est la relation qui se noue et dénoue sous nos yeux. Et autant dire qu’on peut être de marbre devant cela.

Le casting est impeccable, avec une Isabelle Hupert, encore une fois, divine. Les deux frères, joué d’ailleurs par deux frères à la ville (Yannick et Thierry Renier), est doublement symbolique ici. Nue Propriété, sans être un film totalement marquant, met en lumière ce que connaissent pourtant trop de  famille à la mort de l’un des parents. Et c’est peut être finalement, la meilleure chose à retenir ici.