Cashback où une bonne idée assez mal exploitée, tel aurait pu être le sous-titre du premier film de Sean Ellis, dont le film fait suite au court métrage sur le même thème et lance donc la carrière de ce réalisateur qui sera, malgré tout, à suivre.

Nous étions assez impatient de voir Cashback, film qui nous présente l’histoire d’un étudiant des beaux arts, largué par sa petite amie, et ne trouvant pas le sommeil. Celui-ci décide donc de rentabiliser son temps d’insomnie en travaillant dans un hypermarché. Là, il arrête le temps et commence à s’intéresser de plus près aux formes féminines, qui, comme nous le savons tous, sont toujours une source inconditionnelle et épuisable d’inspiration pour tout bon artiste.. On nous le dit d’ailleurs dans le film, au cas où ce n’était pas assez évident.

Cela permet de justifier également la nudité, très présente dans Cashback (et sur l’affiche, bien sûr!, très vendeuse, n’est-ce pas ou l’on voit la belle Irene Bagach), puisque c’est montré dans un unique but artistique (le héros étant un dessinateur). Mais quoiqu’il en soit, un peu de racolage passif ne faisant pas de mal, il semble pourtant que l’objet de ce film n’est pas essentiellement de nous montrer des filles légèrement dévêtues, croquées par le personnage principal.

Cashback se révèle malheureusement trop conventionnel. C’est son principal défaut. Autant la psychologie du personnage principal est assez fouillée, autant les autres protagonistes sont très caricaturaux. Cela enlève la magie du départ et on se retrouve avec une comédie qui fleure bon l’impression de « déjà vu », sentimentale un peu mais sans plus. Les images sur « l’arrêt du temps » sont assez bien faites. Le problème, c’est qu’on a l’impression, au fil du film, que le réalisateur ne sait plus trop comment s’en sortir avec son idée de départ. Cela donne une impression de bâclage assez impressionnant, en dépit d’une photographie superbe.

Nous gardons quand même une impression sympathique de Cashback, mais sans plus. Le peu de spectateurs présents dans la salle indique d’ailleurs que ce film n’a pas fait recette. Manque de promotion, en dépit de très nombreuses bandes annonces diffusées durant les mois précédent. Il devait manquer du bouche à oreille, ainsi qu’une histoire digne de ce nom pour transporter un public digne de ce nom.

Quand on oscille entre une certaine poésie artistique et une comédie anglaise bateau, il est assez difficile de vraiment pouvoir s’imprégner complètement de la poésie de l’ensemble, et ceci est bien dommage… L’esthétique soignée nous laisse sur notre faim. Peut-être que le prochain long métrage d’Ellis nous amènera vers des cieux plus cléments à son égard.